Journal de bord de ma retraite vipassana suite et fin

Jour 4:

C’est le matin le plus difficile que j’ai éprouvée depuis le début, je sais ce qui m’attend, je ne veux pas avoir mal et je souhaite rester bien au chaud dans mon duvet.

Je crains l’assisse et bien évidemment à la médit de 5h, mon corps est verrouillé. Le bassin à l’air plus souple mais la pointe du coccyx est comme la pointe de la lame d’un couteau. Mes pensées fusent et la première médit fut un fiasco.

La deuxième partie, j’y suis allée sans appréhension et j’ai trouvé LA position confortable, j’étais tellement bien que la torpeur me pris à des moments. La somnolence ne m’a jamais posé problème jusqu’à maintenant mais là j’étais tellement bien, pour une fois il a fallu que je me concentre pour rester éveillé. Ça m’a tellement motivée que j’ai redoublé d’efforts pour bien rester consciente et là c’était super j’ai trouvé la paix…

La méditation de 17H été clean, j’ai tenu 1h dans ma position, c’était le paradis, plus de douleurs, je frissonnais de plaisirs, c’était pur, et ma respiration était si fluide! Une mélodie toute douce m’emportait en arrière fond, c’est la première fois que le gong ne me fit pas décoller de ma posture, les autres se sont levés et chaque mouvement autour de moi m’emportait encore plus loin. Je pouvais comparer cette sensation à une vague qui monte, monte et qui d’un coup s’étend sur le sable. La conscience se faisait plus précise, elle devenait de plus en plus subtil en montant et en descendant la vague de bien être s’étendait sur tout mon corps et tout mon mental ! J’aperçus une flamme, puis un petit feu de couleur rose clair, logé au milieu de mon front, je regardais le feu c’était magique ! Pour moi c’est le signe qu’il y a bien de la chaleur chez moi. Je me suis interdite inconsciemment depuis des années à me donner ce réconfort… Pourquoi refuser l’agréable? Il faut que je me souvienne de ça… C’est la clef pour me réconcilier avec moi-même. Je ne suis pas froide de sentiments positifs simplement je suis restée figée dans le temps avec mes peurs et appréhensions.La peur d’être rejetée et de ne pas être accepter tel que je suis…

Après cette méditation tous mes sens étaient en éveil, on a pris un petit encas, de l’houmous sur une tartine, j’ai particulièrement aimée ce goûter pourtant il n’était pas si différent des autres mais j’étais en pleine conscience et ça fait toute la différence! Après, on a fait une marche méditative, des larmes de bonheur ruisselaient sur mes joues tellement la communion s’intensifiait entre la terre et mes pieds. La terre me donnait de l’énergie, je sentais la chaleur monter dans mon corps.

Jour 5:

La journée d’hier a tellement été exceptionnelle que j’avais besoin de répit côté émotions et sensations. J’avais envie de me reposer sauf que ce n’était pas possible. Le 5ème jour on aurait tendance à se relâcher, je sentais un trop plein qu’il me fallait estomper avec le temps. Ce trop-plein s’est exprimé cette nuit, pour preuve j’ai parlé dans la nuit. On me l’a dit, j’étais gênée parce que j’ai dérangée des personnes qui dormaient. J’en aie fait part à mon enseignant, il m’a dit que ce n’était pas grave et que si jamais cela se reproduisait, il fallait que j’essaye de ne plus le faire. Pour lui il y a un trop plein et il faut que ça sorte. L’enseignant nous annonce deux heures supplémentaires de méditation ce soir, j’ai cru que j’allais pleurer, pour me donner du courage j’ai enfreint à la règle:  j’ai appelée mon mari et ma fille. J’étais contente de les entendre par contre je m’en voulais de ne pas avoir tenue mes engagements, j’ai brisée la règle du silence et j’ai utiliser son téléphone. C’était vital sur le moment puis après réflexion je pense que j’aurais dû forcer les choses et continuer mes efforts. Résultat j’ai réussi à me concentrer, j’étais plus apaisée par contre j’étais vide, quand j’ai voulu me relever de mon tapis, j’ai perdue l’équilibre et, j’ai failli tomber! Ça m’a fait du bien de rire de ça ! Pourvu que la journée de demain soit meilleure.

Jour 6:

Je persévère, il faut que je me dise que c’est pour mon bien que je suis ici là et maintenant. J’arrive à m’asseoir plus facilement à présent. J’accepte les douleurs, mon esprit est apaisé cela me parait évident que si j’arrive supporter la douleur c’est avant tout parce que mon esprit est détendu. Je ne cesse de penser au discours du Dhamma d’hier soir. Les colères apparaissent quand les désirs ne sont pas réalisés. La colère entretien les phénomènes de frustration. Si la frustration s’installe à long terme elle entraîne la dépression. En fait, il faudrait que je sois moins désireuse, que je prenne les choses sans rien attendre en retour. Plus je suis négative, plus j’ai des idées noires et plus j’augmente ma souffrance. Je devrais moins m’attacher aux détails, être plus dans le présent sans constamment tout anticiper. Être moins matérielle, m’attacher à l’instant présent plutôt que d’envier constamment ce que je n’aie pas. Comprendre sa colère, c’est comprendre l’objet du désir. Ainsi mettre un terme à sa colère est possible si on revoit à la baisse nos désirs ! Observer ses désirs est la meilleure façon de désamorcer sa colère.

J’ai justement un exemple à vous donner, au 4 ème jour j’ai atteint la paix intérieure, j’arrivais à contempler l’instant présent, les sensations dans mon corps et dans mon esprit étaient vraiment très agréables. Le lendemain et le surlendemain j’avais envie de me retrouver dans cet état, je suis tellement attaché à ces instants de plaisirs que j’étais désireuse d’y revenir. Seulement voilà ça ne se passe pas comme ça, et j’étais en colère, frustrée de ne pas y retourner ! Voilà l’exemple même de ce qu’il ne faudrait pas faire, vouloir toujours plus ! S’attacher à tout : bien évidemment que si on mange un autre carré de chocolat, on va vouloir un autre carré, le tout est d’essayer de faire la part des choses en se contentant de ce qu’il s’amène à nous sans cultiver constamment nos « et si…. Et si… »

Le silence ça fait du bien mais j’ai hâte d’être à 18h pour échanger avec tout ce monde avec qui j’ai vécue pendant 6 jours. C’est fou, j’ai dormi, manger, et méditer avec des personnes dont je ne connais même pas le prénom et pourtant nous sommes si proche.

L’ouverture de la parole est ouverte! Il y a que de bons sentiment et que des pensées positives qui s’évaporent dans le dhamma hall , il y a beaucoup de rires et de joie !L’endroit n’est pas reconnaissable. Ce bruit réveille aussi mes peurs  (comme si j’avais peur que mes anciens « maux » reviennent), mais maintenant je sais comment y faire face, il ne me reste plus qu’à positiver, d’observer ses sentiments sans m’y attacher.

J’aimerais parler avec tout le monde, partager d’autres moments avec eux, ça fait longtemps que je ne me suis pas retrouver aussi bien au sein d’un groupe. On partage pour beaucoup les mêmes centres d’intérêt et je suis dans mon élément. Je ne me sens pas intrusive au contraire j’ai ma place. Le point en commun à nous tous, c’est notre état d’esprit plus pure… et on n’a tous qu’un seul mot à la bouche : AMOUR.

Je devrais mettre plus souvent des mots sur des émotions… Cela me permettrait de me connaître davantage et d’éviter les « trop plein ».

L’amour est partout, il faut cultiver l’amour constamment, c’est que du bon.  la compassion,  l’amour pour soi et autour de soi c’est notre puissance, notre force intérieure. C’est ce qui nous rassemble, ce qui nous unit tous !

Une fois mort, il ne reste rien de notre passage sur terre, seulement l’amour que tu as propagé dans les cœurs de chacun et qui reste pour toujours.

Enfin, j’aimerais être plus positive dans ma vie, il n’y a pas de secrets et  il n’y a que comme ça que je peux avancer. Faire preuve de gratitude tous les jours… Parce que la vie nous offre tellement de possibilités.

Vipassana m’a donnée la chance de planter une graine au plus profond de moi. Maintenant il me reste plus qu’à faire grandir cette plante afin qu’elle jaillisse de sa pureté et de sa bonté… Il faudra que je l’arrose régulièrement en faisant preuve de pensées positives, de bienveillance et que je revienne régulièrement à la source grâce à la méditation. Méditer est une chance, vipassana est un cadeau qui nous est offert pour faire un « reset » complet de nos souffrances.

Je souhaite refaire une retraite prochainement, l’opportunité de me déconnecter pendant une semaine est vraiment nécessaire. J’ai un regard neuf à présent, le printemps arrive, je revis et revisite la joie d’être en vie.

Le Kitchary: le plat des yogis

Le kitchari est le plat emblématique de l’Inde. C’est la base de la cuisine indienne, ce plat est composé de céréales (riz), de légumineuses (Dahl), d’épices, de légumes et de ghee.

En ayurvéda, ce plat est souvent utilisé pour aider à la détoxification.On le retrouve régulièrement lors des repas des cures de purification « Panchakarma » et il peut être prescrit pendant un traitement ou être utilisé en convalescence après une cure. Le kitchari convient à tout le monde puisque c’est un plat respectant l’équilibre des doshas. Il peut être aussi intéressant pour apaiser ou accroître des doshas et il suffit de changer d’épices ou de légumes pour en modifier la constitution. Par exemple si vous avez un excès de Pita, il faudra utiliser des épices douces telles que le curcuma, le cumin, le fenouil etc…

Ce plat est riche en protéines et complet.Il apporte les dix acides aminés essentiels pour le bon fonctionnement de notre organisme. Son apport glucidique nourrit sans surcharger notre organisme. Il est idéal pour les végans, on peut varier les légumes en fonction des saisons et mettre les épices que l’on veut. Le kitchari peut se décliner à l’infini!

Ingrédients pour une personne :

150 gr de riz (semi complet si possible)

150 gr de légumineuses (lentilles vertes/bélugas, haricots blancs/rouges, pois cassés, pois chiches etc…

  • Pensez à faire tremper vos légumineuses la veille
  • Si vous n’avez pas le temps privilégier les lentilles corail car c’est la plus digeste et la plus rapide à cuire

Des légumes de saison (Pas plus de deux variétés) à doser en fonction de votre faim et de vos envies. Perso, je regarde tous les mois sur un calendrier les légumes de saison, ça me permet d’utiliser des légumes auxquels  je ne pense pas toujours et de privilégier l’agriculture biologique.

Cela peut être des carottes, des asperges, du chou, du brocoli, du chou fleur, des courges, des épinards, des petits pois, du poireaux….

Du ghee ou à défaut de l’huile de coco ou d’olive qui supporte très bien la cuisson.

Du gingembre fraichement râpé (environ 1cm)

Des épices: ce qui vous plaît, ce qui vous fait envie. Je peux vous donner un exemple de ce que j’utilise le plus: bien souvent j’utilise des épices douces

  • 1/2 c à c de curcuma
  • 1/2 c à c de cumin
  • 1/2 c à de curry doux
  • 1/2 c à c de graines de coriandre
  • poivre
  • gomasio

Si vous voulez un plat plus gourmand et plus riche, ajouter des fruits secs pour un mélange sucré/salé ou des graines (tournesol, sésame, pignon de pin, courge…).

Pour plus de goûts et pour multiplier les bienfaits n’oubliez pas d’ajouter des herbes aromatiques telles que la coriandre, le persil, la menthe etc… Les herbes aromatiques sont toujours à ajouter  en fin de cuisson pour préserver la qualité des aromates.

Pour mon kitchary « express » du jour j’ai utilisé du riz basmati, des lentilles corail, du butternut et des navets. En épices je n’avais pas le temps alors j’ai directement utilisé un mélange d’épices Korma (2 c à c ) à base de coriandre, cannelle, cumin, gingembre, paprika, piment doux, cardamone, ail et girofle.

Enfin, pour la gourmandise des noix de cajou et pour donner encore plus de goût j’ai utilisée des feuilles séchées d’ail des ours.

La préparation:

Dans une sauteuse (ou un wok) faite revenir les épices et le gingembre râpé avec le ghee. Introduire le riz et les lentilles (préalablement rincés) en remuant.

Ajouter deux à trois fois le volume d’eau et laisser cuire environ 20min.Vers la fin de cuisson introduire les légumes coupés en dés ou en rondelles et prolonger la cuisson jusqu’à ce que les légumes soient tendres.

Pendant la cuisson, veiller à ajouter de l’eau, le kitchary ne doit pas être sec. Il me paraît important de préciser que vous pouvez ajouter aussi beaucoup d’eau afin d’obtenir un potage. Ce mélange sous forme de potage est souvent utilisé par les curistes car la consistance liquide agit sur la satiété et l’élimination.

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kitchari butternut/navets épices Korma et ail des ours