La transition la plus belle qui soit!

Mon stage de massages pour devenir praticienne en massages ayurvédiques touche à a fin. Il ne me reste plus que quelques jours dans ce lieu si serein, si reposant, c’est une bulle de cocon. Quand l’on rentre dans l’établissement on est tout de suite dans l’ambiance, tout est propice au calme et à la détente. Je me souviens du premier jour, de l’odeur de l’encens, de la musique indienne au fond transperçant et de cet accueil chaleureux avec un sourire béat, complètement hors norme par rapport à ce que l’on voit dans tout autre établissement. Cet endroit est devenu un repère de paix pour moi-même puisque ici, je m’autorise tout.

Pour le premier stage, nous étions 10 personnes, un groupe allait être former au massage le plus complet : Abhyanga. On fait connaissance, et je constate qu’on vient toutes d’horizons différent.

Ceci dit on a tous un même but, et une envie pressante, presque irrépressible de changer le cours de notre vie et même au-delà… On aimerait tout d’abord aspirer à ce que nous sommes au plus profond de nous et par-dessus tout apporter un bien être aux personnes désireuses de recevoir un soin ayurvédique. Enfin, je ressens que tout ce groupe souhaite rappeler une chose : l’univers, la nature nous apporte déjà beaucoup dans la vie de tous les jours, il n’y a rien de plus puissant et cela seul suffit. Finalement, nous rappelons à chacune qu’il suffit de regarder autour de nous, et que pour combler nos besoins il suffit d’aller chercher tout près de nous. Tout nous ressource, quand on s’intéresse de près à la beauté des choses, à ce que peut nous apporter tout ce qui nous environne, on comprend qu’on peut se nourrir simplement intérieurement.

Nous nous transformons intérieurement, chacune poursuit son cheminement personnel Au fil des weekends nous nous apprécions de plus en plus et chaque jour nous tissons des liens. Ces échanges de massages nous permettent de nous connecter à chacune. Ainsi des relations fortes nous unissent les unes aux autres et notre groupe se renforce.

C’est ma première expérience comme ça. Au début, c’était déroutant car c’était nouveau, unique mais tout se faisait de manière si naturelle. Je n’avais pas besoin de m’ouvrir, j’étais comme chez moi, je savais que je pouvais être moi-même, et que je serais accepté tel que je suis.

Au-delà de toute attente, j’évolue et je conclus que c’est exactement ce dont j’avais besoin. Cet endroit est exactement l’endroit où je dois être à cet instant précis de ma vie.

Ici, je vis pleinement, je suis avec des gens qui me ressemblent, je me sens si bien ! On me comprend je n’aie pas de difficultés à exprimer mes ressentis. La bizarrerie n’existe pas au-delà de ses portes. Chacun vient comme il est, je peux me confier, personne n’ira supposer, juger et tirer des conclusions. En fait je comprends que c’est un message pour apprendre à m’accepter tel que je suis mais aussi que je peux avoir confiance en moi.

A cet instant précis je remercie profondément « l’univers » de m’apporter des réponses et de m’avoir laisser vivre cela. Tout n’a pas été facile, je suis aussi passée par des émotions désagréables, où beaucoup de choses sont remontées en surface, simplement j’ai observé cela et j’ai laissé passer c’est tout… Accepter d’être ce que je suis au plus profond est un beau cadeau, que je ne m’étais jamais fait.

Voilà, ce stage touche à sa fin. J’essaye déjà de penser à comment je vais faire pour prendre un bol d’air frais maintenant mais c’est en écrivant cette phrase que je réalise que je suis dans le faux. Ce bol d’air frais, je peux le prendre partout, il me suffit de saisir l’opportunité, la minute, le moment présent. Tout ce qui m’entoure peut satisfaire ce besoin, peut être que je pourrais déjà commencer par écouter les signaux qu’on m’envoie, et par la suite me dire : « prend la pause ! »

C’est bien plus facile de le faire quand il y a une énergie de groupe, surtout avec un groupe comme celui-ci ! J’ai pris conscience d’une chose : j’ai la clef ! La bataille que je dois mener est en moi, je dois y arriver et bien sûr cela dépend que de moi. Déjà si j’apprenais à prendre le quotidien avec plus de légèreté. Seulement voilà, on ne se reconstruit pas si facilement, les plaies mettent beaucoup de temps à se fermer et il me suffit d’une petite contrariété pour venir ralentir la cicatrisation. Serais-je fragile comme ça toute ma vie ? Tout ce que je sais c’est que j’essaye de me reconstruire mais cette fois ci avec mes règles et surtout en faisant confiance à mes intuitions.

Une formation transforme, celle-ci me guérit. Je perçois ce passage de ma vie comme la naissance de quelque chose de plus profond. Nous avons toujours le choix, il suffit d’y croire.

Dire qu’il y a un an je ne pensais pas avoir autant de choix, je pensais même que j’étais foutue… J’étais dans la souffrance, et l’ignorance, j’avais un présent non identifié, le vide était tout le temps là. Mon cœur pulsait aux alentours de 40 par minutes pas plus… Aujourd’hui j’ai senti mon cœur s’accélérer pour la première fois depuis longtemps et là le seul mot qui m’est venu en tête c’est VIE.

Je voulais qu’il continue de s’emballer encore et encore…. Ça n’a pas durer mais voilà, je sais qu’il y a de la vie en moi ! Mille et une gratitude à la vie.

Journal de bord de ma retraite vipassana suite et fin

Jour 4:

C’est le matin le plus difficile que j’ai éprouvée depuis le début, je sais ce qui m’attend, je ne veux pas avoir mal et je souhaite rester bien au chaud dans mon duvet.

Je crains l’assisse et bien évidemment à la médit de 5h, mon corps est verrouillé. Le bassin à l’air plus souple mais la pointe du coccyx est comme la pointe de la lame d’un couteau. Mes pensées fusent et la première médit fut un fiasco.

La deuxième partie, j’y suis allée sans appréhension et j’ai trouvé LA position confortable, j’étais tellement bien que la torpeur me pris à des moments. La somnolence ne m’a jamais posé problème jusqu’à maintenant mais là j’étais tellement bien, pour une fois il a fallu que je me concentre pour rester éveillé. Ça m’a tellement motivée que j’ai redoublé d’efforts pour bien rester consciente et là c’était super j’ai trouvé la paix…

La méditation de 17H été clean, j’ai tenu 1h dans ma position, c’était le paradis, plus de douleurs, je frissonnais de plaisirs, c’était pur, et ma respiration était si fluide! Une mélodie toute douce m’emportait en arrière fond, c’est la première fois que le gong ne me fit pas décoller de ma posture, les autres se sont levés et chaque mouvement autour de moi m’emportait encore plus loin. Je pouvais comparer cette sensation à une vague qui monte, monte et qui d’un coup s’étend sur le sable. La conscience se faisait plus précise, elle devenait de plus en plus subtil en montant et en descendant la vague de bien être s’étendait sur tout mon corps et tout mon mental ! J’aperçus une flamme, puis un petit feu de couleur rose clair, logé au milieu de mon front, je regardais le feu c’était magique ! Pour moi c’est le signe qu’il y a bien de la chaleur chez moi. Je me suis interdite inconsciemment depuis des années à me donner ce réconfort… Pourquoi refuser l’agréable? Il faut que je me souvienne de ça… C’est la clef pour me réconcilier avec moi-même. Je ne suis pas froide de sentiments positifs simplement je suis restée figée dans le temps avec mes peurs et appréhensions.La peur d’être rejetée et de ne pas être accepter tel que je suis…

Après cette méditation tous mes sens étaient en éveil, on a pris un petit encas, de l’houmous sur une tartine, j’ai particulièrement aimée ce goûter pourtant il n’était pas si différent des autres mais j’étais en pleine conscience et ça fait toute la différence! Après, on a fait une marche méditative, des larmes de bonheur ruisselaient sur mes joues tellement la communion s’intensifiait entre la terre et mes pieds. La terre me donnait de l’énergie, je sentais la chaleur monter dans mon corps.

Jour 5:

La journée d’hier a tellement été exceptionnelle que j’avais besoin de répit côté émotions et sensations. J’avais envie de me reposer sauf que ce n’était pas possible. Le 5ème jour on aurait tendance à se relâcher, je sentais un trop plein qu’il me fallait estomper avec le temps. Ce trop-plein s’est exprimé cette nuit, pour preuve j’ai parlé dans la nuit. On me l’a dit, j’étais gênée parce que j’ai dérangée des personnes qui dormaient. J’en aie fait part à mon enseignant, il m’a dit que ce n’était pas grave et que si jamais cela se reproduisait, il fallait que j’essaye de ne plus le faire. Pour lui il y a un trop plein et il faut que ça sorte. L’enseignant nous annonce deux heures supplémentaires de méditation ce soir, j’ai cru que j’allais pleurer, pour me donner du courage j’ai enfreint à la règle:  j’ai appelée mon mari et ma fille. J’étais contente de les entendre par contre je m’en voulais de ne pas avoir tenue mes engagements, j’ai brisée la règle du silence et j’ai utiliser son téléphone. C’était vital sur le moment puis après réflexion je pense que j’aurais dû forcer les choses et continuer mes efforts. Résultat j’ai réussi à me concentrer, j’étais plus apaisée par contre j’étais vide, quand j’ai voulu me relever de mon tapis, j’ai perdue l’équilibre et, j’ai failli tomber! Ça m’a fait du bien de rire de ça ! Pourvu que la journée de demain soit meilleure.

Jour 6:

Je persévère, il faut que je me dise que c’est pour mon bien que je suis ici là et maintenant. J’arrive à m’asseoir plus facilement à présent. J’accepte les douleurs, mon esprit est apaisé cela me parait évident que si j’arrive supporter la douleur c’est avant tout parce que mon esprit est détendu. Je ne cesse de penser au discours du Dhamma d’hier soir. Les colères apparaissent quand les désirs ne sont pas réalisés. La colère entretien les phénomènes de frustration. Si la frustration s’installe à long terme elle entraîne la dépression. En fait, il faudrait que je sois moins désireuse, que je prenne les choses sans rien attendre en retour. Plus je suis négative, plus j’ai des idées noires et plus j’augmente ma souffrance. Je devrais moins m’attacher aux détails, être plus dans le présent sans constamment tout anticiper. Être moins matérielle, m’attacher à l’instant présent plutôt que d’envier constamment ce que je n’aie pas. Comprendre sa colère, c’est comprendre l’objet du désir. Ainsi mettre un terme à sa colère est possible si on revoit à la baisse nos désirs ! Observer ses désirs est la meilleure façon de désamorcer sa colère.

J’ai justement un exemple à vous donner, au 4 ème jour j’ai atteint la paix intérieure, j’arrivais à contempler l’instant présent, les sensations dans mon corps et dans mon esprit étaient vraiment très agréables. Le lendemain et le surlendemain j’avais envie de me retrouver dans cet état, je suis tellement attaché à ces instants de plaisirs que j’étais désireuse d’y revenir. Seulement voilà ça ne se passe pas comme ça, et j’étais en colère, frustrée de ne pas y retourner ! Voilà l’exemple même de ce qu’il ne faudrait pas faire, vouloir toujours plus ! S’attacher à tout : bien évidemment que si on mange un autre carré de chocolat, on va vouloir un autre carré, le tout est d’essayer de faire la part des choses en se contentant de ce qu’il s’amène à nous sans cultiver constamment nos « et si…. Et si… »

Le silence ça fait du bien mais j’ai hâte d’être à 18h pour échanger avec tout ce monde avec qui j’ai vécue pendant 6 jours. C’est fou, j’ai dormi, manger, et méditer avec des personnes dont je ne connais même pas le prénom et pourtant nous sommes si proche.

L’ouverture de la parole est ouverte! Il y a que de bons sentiment et que des pensées positives qui s’évaporent dans le dhamma hall , il y a beaucoup de rires et de joie !L’endroit n’est pas reconnaissable. Ce bruit réveille aussi mes peurs  (comme si j’avais peur que mes anciens « maux » reviennent), mais maintenant je sais comment y faire face, il ne me reste plus qu’à positiver, d’observer ses sentiments sans m’y attacher.

J’aimerais parler avec tout le monde, partager d’autres moments avec eux, ça fait longtemps que je ne me suis pas retrouver aussi bien au sein d’un groupe. On partage pour beaucoup les mêmes centres d’intérêt et je suis dans mon élément. Je ne me sens pas intrusive au contraire j’ai ma place. Le point en commun à nous tous, c’est notre état d’esprit plus pure… et on n’a tous qu’un seul mot à la bouche : AMOUR.

Je devrais mettre plus souvent des mots sur des émotions… Cela me permettrait de me connaître davantage et d’éviter les « trop plein ».

L’amour est partout, il faut cultiver l’amour constamment, c’est que du bon.  la compassion,  l’amour pour soi et autour de soi c’est notre puissance, notre force intérieure. C’est ce qui nous rassemble, ce qui nous unit tous !

Une fois mort, il ne reste rien de notre passage sur terre, seulement l’amour que tu as propagé dans les cœurs de chacun et qui reste pour toujours.

Enfin, j’aimerais être plus positive dans ma vie, il n’y a pas de secrets et  il n’y a que comme ça que je peux avancer. Faire preuve de gratitude tous les jours… Parce que la vie nous offre tellement de possibilités.

Vipassana m’a donnée la chance de planter une graine au plus profond de moi. Maintenant il me reste plus qu’à faire grandir cette plante afin qu’elle jaillisse de sa pureté et de sa bonté… Il faudra que je l’arrose régulièrement en faisant preuve de pensées positives, de bienveillance et que je revienne régulièrement à la source grâce à la méditation. Méditer est une chance, vipassana est un cadeau qui nous est offert pour faire un « reset » complet de nos souffrances.

Je souhaite refaire une retraite prochainement, l’opportunité de me déconnecter pendant une semaine est vraiment nécessaire. J’ai un regard neuf à présent, le printemps arrive, je revis et revisite la joie d’être en vie.

Journal de bord de ma retraite Vipassana Partie 1

 

Jour 1 : Le premier réveil ne fut pas si difficile que je le pensais, je ressentais à la fois de l’excitation et de la peur. J’ai les mêmes ressentis lors des rentrées scolaires. On ne sait pas trop comment ça va se passer et on sait que ce moment désagréable ne va durer que quelques jours.

Pour ce premier jour en silence mes pensées fusent, j’ai du mal à calmer le flot de pensées, des sentiments de joie et de tristesse apparaissent sans trop savoir d’où ça vient.

Une question me turlupine depuis que je suis là :

Si Vipassana, la recherche de la pleine conscience par la méditation est le cheminement vers la libération des souffrances alors méditer devient un traitement. Le traitement anti dépresseur que je prends peut-il se substituer alors ? Est-ce que ce n’est pas le bon moment pour cesser mon traitement ?

La deuxième partie de méditation en matinée qui est de 10h à 13h était plutôt réussi. J’avais l’esprit relaxé et détendu. Je remarque que malgré tous les efforts que je donne pour rester concentrer sur un objet d’attention (on travaillait sur le soulèvement et l’abaissement du diaphragme) , je suis tout de même distraite à certains moments. Il y a tout ce monde autour de moi que je ne connais pas puis c’est difficile de rester tête baissée. J’ai envie de regarder les autres, de croiser des regards, je suis comme attirée par le mécanisme de sociabilisation qui normalement se met en place dès que l’on appartient à un groupe. Cela me contrarie, pour une fois que je ne suis pas dans l’intention de me faire des amis !

Le reste de la journée a été tendue, c’était de plus en plus compliqué pour rester concentrer sans me dissiper. Je commençais à fatiguer, mes pensées m’emmenaient, et le doute s’installa : qu’est-ce que je fais là ? Je suis en train de perdre mon temps ? J’étais en colère car je n’arrivais pas à faire l’exercice correctement, à d’autres moments j’étais prise de joie car vipassana est un bon défi et j’aime les défis.

Des images apparaissent, ça me surprend parce que ça apparait comme des flashs. Je ne sais pas d’où ça vient et les visions me rendent soucieuse car je me suis vu moi, enfant épanouie près de ma maman pleine de joie et de rire. On respirait l’amour ! Cela me renvoyait directement à moi l’adulte mais qui doit se souvenir de son enfance… Je suis persuadée que c’est pour me faire réfléchir, en fait peut être que je suis là pour retrouver la personne égarée depuis son enfance. Qui un jour s’est effacée pour devenir quelqu’un qu’elle n’est pas… Cette vision me rappela à quel point je pouvais être épanouie en étant simplement moi, déshabillée de toute façade.

Du coup, je passe en un quart de seconde du rire aux larmes. Après je vois Louise rayonnante et mon mari malheureusement abattu par la fatigue, le stress, et en mode « je subis la vie plus que je profite ».

Quand je vais rentrer la première chose que je vais dire à mon mari c’est qu’il faut faire absolument une retraite méditative comme moi, ça pourrait lui être tellement bénéfique.

J’ai été voir l’enseignant en fin de journée, mon instructeur respire la bienveillance et l’amour, il m’impressionne un peu. Il m’a dit : « Non, si tu as un traitement anti dépresseur c’est parce que tu en as besoin, l’arrêter est trop précoce, il t’aide à pallier à ton problème de santé, il te sert de béquille appuis toi dessus jusqu’à temps que tu sentes une robuste force intérieure. On n’enlève pas les béquilles avant d’avoir une bonne rééducation !

 

Par rapport à tes émotions c’est tout à fait normal d’en avoir beaucoup et que ça partent dans tous les sens, tous les gens ici me posent cette question alors tu vois tu n’es pas la seule. Pour l’instant laisse défiler et observe, laisse les passer sans t’y attacher. »

On a fait une marche méditative dans les bois, c’était sympa par contre. La méditation en pleine conscience je sais ce que ça signifie mais je ne comprends pas encore comment y parvenir.

Les pensées surgissent de pas en pas, j’avais plutôt l’habitude de sortir prendre l’air pour me changer les idées et non pas pour bannir les pensées et les idées ! Tout est le contraire du formatage auquel j’ai été habituée jusqu’à maintenant.

Ma grande révélation de la journée, j’aime les arbres ! Ça fait une éternité que je n’avais pas touché à un arbre (et oui c’est si simple) en fait c’est incroyable j’avais l’impression de le voir respirer, car il était plus chaud que l’air, l’arbre est immobile mais tellement vivant ! Au toucher, je m’identifiais à lui : tous deux nous étions là, à contempler l’instant présent, moi mobile qui aimerait être pourtant enraciné dans la vie de tous les jours et l’arbre qui rêverait d’être comme l’être humain, bouger, et déployer son énergie.

Jour 2 : Le réveil a encore été plus facile que le premier, je suis prête à remettre cela, c’est bon signe ! Le calme est bien présent, juste un tout petit peu de pensées. Ma présence est bien ici et maintenant. Ce qui me pose le plus problème aujourd’hui c’est la position assisse, j’ai mal partout. Au début c’était gérable mais vers la fin de la matinée c’était intenable, je rêvais d’aller piquer un 200m ! Du coup, cela m’a même empêché de bien méditer, le mental a pris le dessus car il se concentrait sur deux choses, les douleurs et les  lamentations. Je me suis senti coupable de ne penser qu’à ça. Surtout que l’objet de l’attention était « Je ne suis pas le corps, je ne suis pas le mental » Juste avant déjeuner j’ai déroulé mon tapis de yoga, je ne pouvais pas rester comme ça, j’accumulais des tensions dans le bassin et les hanches, j’étais comme prisonnière. Cette barrière entre les membres supérieurs et inférieurs empêchait de laisser passer les émotions, sentiments, et énergies. Je pleurais à chaudes larmes je comptais tellement sur cette retraite pour me sortir de l’impasse dans laquelle je suis…

L’après-midi on a fait un body scan. On passait par les sept points correspondant aux 7 chakras mais gros problème arrivé au chakra cœur ça bloque. C’est dur à accepter : « Je suis incapable de passer par le point cœur car mon cœur n’est pas en éveil ? »  Il a fallu que je me concentre deux fois plus pour passer cette zone nouée.  Je ne sais pas à quoi c’est dû en tout cas je ne peux pas laisser mon impression au hasard.

Est-ce que cela aurait un rapport avec les sentiments ? Aimer ? OK mais recevoir. N’aurais-je pas mis une carapace aux parois de mon cœur ? Si l’énergie ne circule pas à cet endroit-là ce n’est pas par hasard. Je ne m’aime pas de toute façon donc c’est évident que le malaise se créé à cet endroit précis. Sauf que si je ne m’aime pas je ne peux pas aimer les autres ? Et oui… C’est dur à accepter mais il va falloir car c’est la pure réalité. J’aime ma famille mais peut être que si je m’aimais un peu plus je pourrais donner encore plus… Ainsi, je ne connais peut être pas assez la puissance que peut avoir l’amour…

En fin de journée je ne supporte plus la position assisse, c’est hyper désagréable, les étirements de l’extérieur des cuisses sont insoutenables. Ça m’irradie tout le corps. Pendant la marche méditative j’ai beaucoup pleuré, j’ai retrouvé un arbre et j’ai déversé ma tristesse sur lui, et je lui aie demandé de me donner un peu de son énergie pour avoir la force de terminer cette balade. Il était prêt à recevoir.  C’est dingue je lui aie dit pardon d’avoir déversée des larmes sur lui, même avec les arbres je suis « dans le souci permanent de l’autre »…

J’aimerais être comme lui, figée dans l’instant présent, c’est plaisant de ne penser à rien… juste d’ici et maintenant….

Ma fille me manque, je cherche son regard, il me fuit…

L’instructeur m’a dit que mon cœur n’est pas dépourvu d’amour simplement je donne de l’amour sans m’en rendre compte. Il m’a demandé d’essayer de lui apporter de cœur à cœur de l’amour (on appelle ça metta méditation) et il en a reçu me dit-il,  j’en aie même eu des frissons. Selon lui, si je vois  ma petite fille dans les méditations c’est parce que l’instinct maternel est bien là même au loin.  Il a rajouté que je devais tout lui dire sur moi. Elle va essayer de chercher à comprendre pourquoi je suis comme ça et si je ne lui dis rien, elle va réfléchir deux fois plus et elle sait que je lui cache quelque chose parce qu’elle le ressent. Si je ne lui dis pas quand je ne vais pas bien, je vais semer le doute sur moi mais également sur elle. Ce n’est pas bon du tout. Maintenant je me jure de tout lui dire car je ne veux pas qu’elle doute d’elle comme j’ai pu douter (et encore toujours) de moi.

Ainsi Metta est donner de l’amour autour de soi, d’envoyer de bonnes ondes direct de cœur à cœur sans passer par la pensée ni par le mental. Mais tout simplement de cœur à cœur… Je me promets de le faire aussi régulièrement.

Jour 3 :

Message de gratitude envers tout ce qui m’entoure : la nature, les personnes qui m’entourent, à mes parents, mon mari, ma fille…

Maman, j’ai retrouvé ton carnet bleu (journal qu’elle a tenu quelques jours avant que je naisse), je ne savais où je l’avais mis. C’est en cherchant un truc pour Louise que j’ai trouvé… C’était juste avant mon départ pour la retraite vipassana, ce n’est pas un hasard si je le retrouve aujourd’hui… Il m’encourage peut être à renaître une seconde fois….

Depuis quelques mois, un lien puissant nous a réunies, les galères nous ont malheureusement appris  que seul l’amour est essentiel. Aujourd’hui, je me retrouve, mais à l’état d’enfant… Comme si je m’étais égarée depuis tout ce temps… Est-ce que la boucle va se fermer définitivement ?

Je te revois épanouie, comme quand j’étais petite, sans marque de tristesse… maintenant aguerrie de tout cela…

Pendant une méditation, je me suis vue avec toi ! C’est la première fois qu’un souvenir d’aussi loin me revient ! Cela m’a mis dans des états d’émotions intenses mais c’était de bonnes émotions !

La vie a repris son cours et nous allons avancer ensemble plus forte que jamais… Notre chemin ne pourra plus être semé d’embuche car il est maintenant sain et construit sur des bases solides. J’ai une chance incroyable de t’avoir comme Maman, tu es présente et tu m’apportes du réconfort et beaucoup d’amour.

Je t’apporte de cœur à cœur, de la chaleur remplit de gratitude et de compassion. Je ne souffrirai plus jamais autant de solitude, car maintenant tu lis en moi comme dans un livre. Tu as su te mettre à ma place et comprendre mes difficultés à me sortir de cette panade.

Aujourd’hui c’est le 3 ème jour, je me sens bien car je découvre ou plutôt redécouvre progressivement ses émotions qui étaient depuis longtemps latente.

J’aime pratiquer la méditation, elle ouvre un océan de paix. J’ai encore des difficultés avec l’assisse mais l’instructeur m’a donné quelques pistes pour m’asseoir plus confortablement. Tant que je n’arrive pas à relâcher dans mon bassin, je ne serais pas tranquille. Ces tensions sont clairement liées aux émotions du moment. J’ai remarqué que quand mon esprit est plus relâché je souffre moins et inverse quand je me mets en colère parce que j’ai mal partout et bien la douleur s’intensifie.

On a encore pratiqué des scann corporels, je suis passée par différentes sensations, parfois j’avais des frissons, de la lumière, j’ai même entendu de la musique, elle berçait mes mouvements de conscience interne quand je passais d’une partie à l’autre du corps. Je suis loin d’être un être accompli mais je commence à comprendre ce que cela veut dire. Tout d’abord, il faudrait que j’apprenne à m’accepter tel que je suis. Il va falloir que j’aime même mes défauts ! Et accepter toutes ses imperfections. Cultiver l’amour autant que je peux, après le reste en découlera.

C’est difficile de passer de l’auto destruction à l’attention pour soi, avoir un esprit sain, « lumineux » c’est la clef du bonheur.

Après toutes ses petites péripéties j’étais perdue, c’était le vide complet, comme si j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps. J’ai un peu pris peur de ce vide alors j’en aie parlé à l’instructeur : « Juste Justine, Observe et prend les choses comme elles viennent, c’est le lâcher prise que tu vis là »