Ma première retraite méditative

J-1 avant le début de ma première retraite de Vipassana de 7 jours. Pendant ces 7 jours il n’y aura aucun contact avec l’extérieur ni même de paroles échangées avec les autres méditants…

Cette idée de me déconnecter me plait ! Par contre ce qui va être difficile c’est de ne pas avoir de nouvelles de mon mari et de ma fille… Je m’imagine déjà méditer et avoir des pensées pour eux… ce qui m’effraie c’est de ne pas pouvoir m’en détacher. De ne pas être pleinement présent à ce que je fais. Pourtant je ne peux pas faire mieux en matière de détachement, aucun contact, aucune observation, juste moi et ma conscience.

Je relis la préparation pour cette retraite et déjà je ne suis pas les recommandations, premier bémol il aurait fallu que je me couche au plus tard à 22h toute cette semaine. J’écris ces phrases et il est 1H du matin, tout va bien. Le réveil pendant la retraite s’effectue à 4H15, je vais être réveillée par 3 gong et extinction des lumières à 22h. Autant dire que les premières journées vont être difficiles. J’espère vite m’habituer. Après quand je lis le planning cela me plait. Je vais passer toute la journée à méditer, manger en pleine conscience 2h. 3h de méditation le matin et 3h de méditation l’après-midi (alternance entre assisse et marche). Sinon entre deux il y a un temps réservé, bien sûr à la douche puis 1H est consacré à un jogging ou au yoga (pour moi ça sera yoga!). Ensuite nous consacrons du temps à la lecture du manuel de méditation, ou bien à l’écriture d’un journal, et enfin 1h est dédiée à un discours sur le dhamma (l’enseignement du bouddha : comme étant la vérité).

Pour ceux qui ne connaissent pas Vipassana cela signifie voir les choses telles qu’elles sont réellement, c’est l’une des techniques de méditation les plus anciennes de l’Inde.

En fait, je pense qu’il va me falloir beaucoup travailler sur moi-même pour cette retraite vipassana, mais  il faut bien se lancer et j’ai toujours été attiré par la méditation. Elle m’apporte énormément. Vipassana est l’occasion d’approfondir et de me plonger dans l’océan de soi… Quand j’ai pris connaissance des documents envoyés j’ai bien compris qu’il y avait une chose que je devais retenir avant tout du bouddha :

« Il ne faut rien saisir, ni s’attacher à quoi que ce soit » en d’autres termes s’il y a saisie et attachement aux choses, il y a derrière la souffrance (dukkha). Quand nous en venons à expérimenter et connaître cela, nous pouvons dire que nous connaissons tous les discours du bouddha, les 84 000 dhamma. Et avoir mis cela en pratique c’est avoir pratiqué la dhamma complètement dans toutes ses phases et tous ses aspects. La raison pour laquelle un yogi ne respecte pas les règles de conduite est qu’il saisit et s’accroche à toutes choses. S’il s’abstient de saisir et de s’attacher à quoi que ce soit, et met de côté le désir et la colère, il ne peut manquer les règles de conduite.

J’espère réussir à ne pas m’attacher, je ne sais pas si je vais en avoir la force, j’espère que j’ai choisi le bon moment pour faire cette retraite. Etant encore très fragile, je ne sais pas comment mon corps et mon esprit vont réagir à cette discipline. Je croise les doigts … J’aimerais que cela me ressource et m’aide à voir une issue à la maladie dont je suis atteinte : la dépression. J’aimerais qu’elle m’aide dans mon futur, que cela soit personnel ou professionnel car pour moi l’enjeu est important. Suis-je capable de lâcher prise ? De me reconnecter avec moi-même, de trouver un calme intérieur m’apportant la sérénité dont j’ai besoin pour avancer. En ce qui concerne mon futur professionnel, je souhaite apporter du bien être aux autres mais avant il est plus que souhaitable que je trouve un bien être intérieur avant de vouloir essayer quoi que ce soit sur les autres. En définitif apprendre à m’aimer tel que je suis sans artifice, sans secret, sans regret… Si j’apprends à m’apprivoiser alors je pourrais envisager de faire ce qui me passionne le plus le yoga et prodiguer des massages de bien être basés sur la médecine traditionnelle indienne.

L’Ashtanga Yoga

« Maintenant le yoga va nous enseigné dans la continuité d’une transmission sans interruption » ATHA YOGANUSHASANAM yoga-sutras chapitre 1.1  C’est à dire qu’il enseigne à celui qui est prêt, disponible, motivé. Il se transmet selon une chaîne ininterrompue, de maître à disciple. L’importance de la motivation, caractère initiatique de cet enseignement, plonge dans les racines d’un passé aussi lointain que les textes sacrés les plus anciens, les védas.

Le yoga, c’est la voie à suivre. Argument clef : lorsque la périphérie s’apaise, notre centre se révèle.

Dans les yoga-sutras de Patanjali, les huit membres du yoga, étapes ou branches, sont appelés Ashtanga yoga. Il s’agit essentiellement de règles de vie pour atteindre le bonheur. Ces huit étapes dictent une ligne de conduite morale, éthique et d’auto-discipline. Elles aident à la bonne santé physique et nous fait prendre conscience des aspects spirituels de notre nature.

L’ashtanga yoga ou raja yoga (royal yoga) est basé sur le yoga-sutras de Patanjali. Il n’y a rien qui puisse qualifier ce yoga de royal mais de toutes les formes de yoga, il se caractérise comme la voie royale pour le contrôle du mental.

L’Ashtanga Yoga est divisé en deux paires qui sont le yoga extérieur et le yoga intérieur.

Le yoga extérieur : Il contrôle les vrittis c’est-à-dire les fluctuations du mental en interaction avec son environnement.

  • Les yamas : ce sont des codes de conduite envers les autres ou contraintes extérieures. Elles abordent l’harmonisation des interactions sociales et externes.

La règle d’or est « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse. »

Il existe 5 yamas : AHIMASA : la non-violence

SATYA : la vérité

ASTAYA : l’honnêté

BRAHMACHARYA : l’abstinence de rapport charnel

APARIGRAHA : la non possession

Nous sommes des êtres sociaux, relationnels et les premiers conseils que nous donne Patanjali concernent la relation aux autres. Qu’est-ce qu’est la non-violence, sinon le respect de l’autre dans sa différence ?

Accepter un mode de pensée, un fonctionnement affectif différent du sien, cela implique d’être vrai, de ne pas jalouser le sort des autres, de rester modéré et de ne pas entasser des biens dont on n’a nul besoin.

 

  • Les niyamas: cela concerne l’autodiscipline et les observances spirituelles comme par exemple de créer sa pratique de méditation personnelle.

SAUCHA : la pauvreté

SAMTOCHA : le consentement

TAPAS : l’austérité spirituelle

SVADHYAYA : la connaissance des textes sacrés et de soi-même

ISAVARA PRANIDHANA : l’abandon à dieu

Ils font la transition entre le code moral exprimé dans les yamas et la pratique. Ils reprennent les termes du Kriya Yoga en affinant l’attitude mentale.

Une pensée qui perturbe est forcément inadéquate. En méditant sur le contraire, on rétablit l’équilibre. C’est simple, évident et si difficile à appliquer. Il faut beaucoup d’humilité pour se rappeler, dans un moment de trouble, que l’on est toujours subjectif, qu’un autre point de vue peut être aussi valable, et qu’il convient d’éviter de se laisser enfermer dans ce qui paraît certain.

 

  • Les asanas : c’est trouver le calme pendant les postures. Les asanas sont des postures pratiquées dans le yoga. Du point de vue yoguique, le corps est considéré comme le temple de l’esprit. Il est donc essentiel d’en prendre soin pour notre évolution spirituelle. En pratiquant des asanas, nous développons une habitude de discipline et une faculté de concentration qui sont nécessaires à la méditation.

On trouve l’équilibre entre les deux pôles. L’équilibre corporel se situe entre l’effort et la détente, le faire et le lâcher prise. C’est particulièrement sensible dans les postures d’équilibre : crispé dans la volonté de tenir, on trébuche, trop détendu, peu vigilant, on ne tient pas non plus. L’asana est ce moment parfait, où le corps est absolument tranquille, tout effort de volonté est aboli. La sensation et la respiration sont suspendues et immobilisent le temps.

 

  • Pranayama : c’est la libération du souffle vital. On utilise la respiration comme objet de concentration. D’ailleurs le pranayama est généralement traduit comme « le contrôle de la respiration ». Il consiste à maîtriser ce processus tout en reconnaissant un lien entre la respiration, l’esprit et les émotions.

Le pranayama signifie extension de la force vitale, pour les yogis il rajeunit le corps et prolonge la vie. Le pranayama peut être pratiqué comme une technique à part entière.

 

L’important c’est la conscience de la respiration. Le corps est lent, la respiration naturelle est lente mais le mental est mobile, papillonnant, et, se portant sur des objets changeants, il modifie la respiration, l’accélère ou la bloque. Si l’on se centre sur l’écoute de la respiration, celle-ci retrouve son rythme naturel, s’allonge. Se laisser respirer, et la respiration s’allonge d’elle-même.

Tout cela nous prépare à l’étape suivante qui concerne davantage les sens et l’esprit et a pour objectif de nous faire atteindre un niveau de conscience supérieure.

Le yoga intérieur : Il s’agit d’un travail d’intériorisation, qui s’opère à partir d’une démarche d’observation, d’analyse, de réflexion, de contemplation, de méditation et d’accomplissement.

  • Pratyahara : signifie le retrait ou transcendance sensorielle. Au cours de cette étape, il y a un effort conscient de détacher notre conscience au monde extérieur et des stimulus externes. En étant pleinement conscient de cultiver un détachement de nos sens, nous dirigeons notre attention vers l’extérieur. Cette pratique nous permet de prendre du recul pour nous observer nous-mêmes. Ce retrait permet d’observer objectivement nos envies : des habitudes qui nuisent peut être à notre santé et sont susceptibles de freiner notre développement intérieur.

 

  • Dharana : c’est la concentration, il s’agit de garder l’esprit fixé sur un point. Nous sommes débarrassés des distractions extérieures, nous sommes en mesure de gérer les distractions de l’esprit lui-même.

La concentration est une action volontaire, un effort conscient, le choix délibéré de porter son activité mentale sur un objet déterminé. C’est une activité de l’esprit qui élargit la sphère des expériences et développe la capacité cérébrale. Grâce à la concentration on peut être plus efficace dans le secteur où on l’applique, quel qu’il soit.

 

 

 

  • Dhyana : Un article de mon blog est consacré à cette étape, je vous invite à suivre ce lien. En résumé, c’est la méditation profonde, l’esprit reste fixé et n’est plus sensible aux perturbations. C’est le flux ininterrompu de concentration.

Dans la méditation, c’est la conscience profonde, l’etreté. Imaginons un faisceau de lumière qui émane de la conscience. Dans dharana, il englobe le mental, il est suffisamment large pour éclairer un espace privilégié. Si la conscience s’affine et devient comme une pointe qui dirige toute sa force, toute son intensité sur un point, et si elle ne passe plus par le mental, c’est dhyana. La relation entre sujet et objet n’est plus perceptible mais il reste cependant la dualité : sujet/objet.

  • Samadhi: c’est la contemplation profonde ou un état d’union avec le dieu intérieur : ATMAN ou l’absorption dans l’absolu : BRAHMAN

 

Quand dhyana est parfaitement réalisé, c’est le samadhi. On est en relation directe avec ce que l’on appréhende, sans l’intervention de la pensée, totalement et dans l’instant. Le « je » disparaît. On n’est plus limité par l’activité des sens, on agit naturellement et instantanément de façon adéquate. Patanjali définit cette étape comme un état d’extase. Le méditant fusionne avec l’objet de sa méditation et transcende le moi. Il en vient à réaliser une connexion profonde avec le divin, une interconnexion avec tous les êtres vivants. Cette réalisation s’accompagne « de la paix qui permet toute compréhension ». L’expérience du bonheur est de ne faire qu’un avec l’univers.