La routine matinale ayurvédique

L’ayurvéda nous demande de prendre en considération nos horloges internes ainsi que la variation des doshas avec la période de la journée et des saisons. Il est évident que dans notre société on ne respecte pas les lois fondamentales de la nature mais ces dernières ne peuvent être ignorées infiniment sans avoir de répercussions sur l’état de santé et de bien-être.

Une routine ayurvédique est indispensable pour retrouver une bonne santé au-delà des compléments alimentaires ou autres. C’est en modifiant nos habitudes et notre hygiène de vie que l’on peut observer un véritable changement en matière de digestion, de paix et d’harmonie.

Dinacharya, c’est la discipline de vie qui maintient le rythme du corps dans un état d’équilibre. En sanskrit cela pourrait se traduire par l’organisation de la journée.

ETAPE 1 :

La première étape de la journée est de bien se réveiller en ayant en tête des images positives et en ayant de la gratitude. L’idéal est de se lever 1 à 2h30 avant le lever du soleil. 5 à 7h suffisent pour se reposer entièrement chez une personne adulte. Massez-vous le ventre et effectuer des mouvements circulaires dans le sens des aiguilles d’une montre autour du nombril. Si vous pouvez aérer votre maison, remplissez-la d’énergie sattvique.

Aller vider vos vessie et intestin (si vous n’arrivez pas à aller à la selle dès le levé ce n’est pas grave, cela viendra dans vos habitudes progressivement)

De 2h à 6h du matin c’est la période Vata qui domine. Cette période est idéale pour méditer, notre psychisme est plus sensible aux expériences subtiles et transcendantales. Se lever vers 4/5h du matin nous remplit d’énergie, le soleil se lève, nos énergies s’éveillent en même temps !

ETAPE 2 :

La deuxième chose et de nettoyer les organes des sens (indriya) pour cela il faut prendre 1 c à soupe d’huile de sésame et pratiquez gandouche c’est-à-dire faire un bain de bouche à l’huile en veillant à ce qu’elle répande bien dans tout l’espace buccale pendant 3 à 5 minutes. Crachez et rincez-vous à nouveau la bouche avec de l’eau tiède. Brossez-vous les dents.

Ensuite vient la pratique de Jihva Dhauti c’est l’action de gratter la langue à l’aide d’un grattoir en veillant à bien enlever les éventuels dépôts (les dépôts blancs, jaunes ou marrons sont signes de déséquilibre). Cette action va favoriser la digestion mais également améliorer le gout.

Nettoyer les narines en utilisant de l’eau salée ou en appliquant quelques gouttes d’huile de sésame  (entre 3 et 5) dans les narines. On appelle cela Jala Neti.

Enfin la peau, par laquelle se fait le toucher : Réalisez des automassages, si vous avez le temps massez-vous tous le corps à défaut vous pouvez faire les pieds, les mains, le visage…  avec de l’huile de sésame pendant 5 à 10 minutes. C’est une activité très bénéfique pour le système musculaire, le système nerveux, pour Agni (le feu digestif) et pour l’élimination des malas (déchets) à travers la peau. Concernant la pratique du massage cela ne requiert pas de technique particulière, frottez le corps partout.

Après avoir pris soin des organes des sens buvez de l’eau tiède : Pour Kapha 1 à 2  verres d’eau suffisent en revanche pour Vata et Pitta vous pouvez aller jusqu’à 4 verres. Le corps humain est constitué à 70% d’eau et afin de préserver cet équilibre il faut boire de l’eau. Le matin est le meilleur moment pour le faire après un long moment sans apport hydrique.

Pendant que l’huile agit vous pouvez faire des exercices d’étirement, d’assouplissement. L’idéal c’est de faire des torsions pour continuer la détoxification. Pratiquer des techniques de pranayama, en utilisant la respiration alternée. Ce qui est bien également c’est de faire Kalapabati car c’est une respiration qui se pratique à jeun. C’est tonifiant et détoxifiant. (Attention à ne pas faire Kalapabati lors des règles pour les femmes).

Pratiquer la méditation ou toutes techniques relaxantes permettra de tonifier votre mental. A travers la méditation nous pouvons libérer les nœuds de la conscience, les blocages émotionnels non résolus.

Vous pouvez prendre votre douche, la température doit être tiède et utiliser un savon ayurvédique à base de plantes. Évitez à votre corps l’usage de produits chimiques, parfumez-vous avec des produits naturels (les huiles essentielles par exemple). Essayez de porter des vêtements confortables et pas trop serrés pour que votre peau respire.

Etape 3 : De 6 à 10h c’est une période Kapha. Pour contrecarrer la lenteur de Kapha, le yoga conseille de faire appel aux asanas et l’ayurvéda suggère un petit déjeuner léger et facilement digérable.

  • Un yoga postural comme la salutation au soleil effectuée rapidement et rigoureusement. Pour les personnes qui sont de constitution Vata il faudrait faire entre 6 à 16 cycles. Pour Kapha 12 cycles et pour Pitta entre 12 à 16 cycles.
  • Petit déjeuner facile à digérer, riche et de préférence tiède. Les fruits crus seront pris en dehors du petit déjeuner ou en premier. Un smoothie de fruits avec des feuilles de salades verte, d’épinards, de blettes ou d’herbes aromatiques. Accompagnés de fruits secs, de laits végétaux, éventuellement un porridge (avoine, Sarrasin, polenta, tapioca), avocats, pudding, graines de chia, super aliment (spiruline, chorella, maca, moringa…).

Le yaourt n’est pas considéré comme digeste, selon l’ayurvéda il ne faut pas en consommer régulièrement car c’est lourd et cela  bouche les strotas (canaux). Le fromage blanc est moins facile à digérer, si vous en avez envie, je vous conseille de diluer cet ingrédient avec 4 fois son volume en eau, ajouter des graines de cumin grillé avec un peu de sel et du gingembre frais râpé. Mixez et consommez comme une boisson c’est un Lassi.

Évitez les omelettes, les toasts avec de la confiture, sandwichs avec du jambon, du fromage, viennoiseries, gâteau industriels car ce sont des aliments difficiles à digérer.

Vous êtes prêts pour aller travailler ! Votre esprit est calme, soyez heureux. Si une situation vous contrarie, calez –vous et pratiquer quelques respirations abdominales, respirez profondément, l’agitation n’aide en rien !

Dans cette routine matinale ayurvédique il y a beaucoup de choses que vous faites peut être déjà naturellement si ce n’est pas le cas je vous conseille d’y aller progressivement et à votre rythme. Si vous décidez de changer votre routine pour celle-ci les changements en vous devraient vous satisfaire rapidement et les multiples bienfaits qui en découlent feront de vous un ou  une addict à la routine!

Le respiration abdominale

L’essentiel est dans notre respiration ! Nous n’utilisons que 2/3 de nos capacités respiratoires. Apprendre à mieux respirer peut se révéler très bénéfique.

Nous avons une vie très rythmée, on oublie notre respiration. L’objectif de mon article aujourd’hui est de vous faire prendre conscience de votre respiration et de vous faire utiliser la respiration abdominale à des moments de votre journée pour retrouver un bien être instantané.

Des poumons mal ventilés ne peuvent pas fournir au sang l’oxygène qui lui est nécessaire pour donner aux fonctions vitales toute leur énergie. Une mauvaise respiration génère une série de troubles influençant sur notre forme.

-fatigue

-accumulations de toxines

-manque d’énergie

-stress

-douleurs dorsales

Le diaphragme est le muscle le plus important de la respiration. Il s’abaisse à l’inspiration et monte à l’expiration. Il assure une respiration ample et abdominale. Une bonne mobilité du diaphragme permet une bonne ventilation pulmonaire. Il vient aussi masser tout le plexus solaire et tonifier la région abdominale.  Quand celui-ci est soumis à des tensions musculaires, la mobilité du diaphragme est affectée : la respiration est superficielle et irrégulière.

En respirant amplement, on détend ses muscles intercostaux et on libère sa cage thoracique. On relaxe et détend instantanément le corps.

C’est par ce mécanisme que des troubles pourraient être atténués voire même évités. Prenons l’exemple de la région abdominale : comme vu précédemment elle va être plus engagée lors des respirations complètes, c’est ici un bon moyen de lutter contre les colites, les spasmes, les problèmes de constipation et de digestion.

A long terme ces troubles peuvent entraîner une prise de poids, un manque de tonus, un manque de maîtrise de soi, une mauvaise gestion des émotions…

Pratique :

Nous avons pour habitude de penser respiration=poumons. Il faut changer la perception que l’on a de la respiration, en imaginant que c’est votre ventre qui respire.  Ce changement de perspective vous aidera à pratiquer la méthode, très simple, de la respiration abdominale.

Première prise de conscience : Mettez les mains sur votre ventre et gonflez-le à l’inspiration puis repoussez votre main avec votre ventre. A l’inverse quand vous expirez l’abdomen se dégonfle, vous ne ressentez plus le contact entre votre main et votre ventre. Ainsi si vous arrivez à faire ça, c’est que vous avez compris comment effectuer une respiration abdominale. Si vous n’êtes pas trop sûr de vous, n’hésitez pas à vous servir de vos mains poser sur le ventre. En plus vos mains permettront d’intérioriser et de vous concentrer plus facilement sur l’instant présent.

Deuxième prise de conscience : Le diaphragme est un muscle très puissant qui bouge au rythme de votre respiration. A l’inspiration, il descend de votre cœur vers le bas de votre ventre (c’est une image) et à l’expiration, il remonte dans le sens inverse. Gardez cette image en tête pour vous aider à restaurer une respiration complète. Ce « va et vient » peut être très court (si vous respirez de façon incomplète) ou extrêmement ample si vous pratiquez la respiration abdominale. Je vous encourage à respirer de façon plus lente, plus profonde et plus complète. Dès à présent, maintenant ressentez votre mental qui s’apaise en même temps que la respiration ralentit.

Pendant la phase d’apprentissage de cette respiration, le fait de pratiquer cet exercice allongé, amplifiera les sensations et l’habitude. A la suite, vous pourrez la pratiquer à tout moment, debout, assise, en marchant, etc. Bien sûr, même si cette respiration devient accessible elle n’en sera pas pour autant naturelle.

De nombreuses années passées à respirer uniquement avec les poumons laissent une habitude automatique. Mais dès que vous y penserez, dès que vous aurez quelques secondes ou quelques minutes à vous accorder (file d’attente dans un supermarché, chez le médecin, en voiture en attendant que le feu passe au vert), vous pourrez vous mettre à respirer très profondément et avec votre ventre. Si vous avez dû mal à vous concentrer penser à mettre votre main sur votre ventre ça aide beaucoup au début pour savoir si la respiration abdominale est correcte

(par l’action du ventre qui repousse la main à l’inspiration).

Je vous conseille également de pratiquer cette respiration lorsque vous ressentez une angoisse, une tension, ou une peur.

Puis, avec le temps, vous retrouverez votre respiration instinctive.

Chronobiologie et ayurvéda

Les grandes médecines traditionnelles telles que l’ayurvéda recommandent d’adapter son mode de vie en fonction des rythmes des saisons. L’interaction microsome/macrosome fait que le non-respect des rythmes de la nature est l’une des causes principales de déséquilibre. Il est conseillé de pratiquer une écologie intérieure et extérieure pour se respecter et respecter notre planète.

L’enseignement de la chronobiologie conduit à s’intéresser aux  nombreux rythmes qui balayent l’existence. Nous pouvons faire  beaucoup de liens entre ses deux médecines.

Le fonctionnement de l’organisme est soumis à un rythme biologique, calé sur un cycle de 24 heures. Ce rythme régule la plupart de nos cycles biologiques et comportementaux. Sa dérégulation peut entraîner des troubles du sommeil et physiologiques. La chronobiologie étudie le rythme et les conséquences de ses perturbations.

 

Prenons l’exemple des rythmes circadiens :

En chronobiologie, la mélatonine est l’hormone donneuse du rythme et du temps. Elle est secrétée par l’épiphyse, une petite glande hormonale située en arrière de l’hypophyse et de l’hypothalamus et qui rencontre le croisement des deux nerfs optiques. Par un mécanisme subtil qui est  fonction des variations de la lumière entre le jour et la nuit, cette action est responsable de la venue du sommeil et sa présence dans le sang pendant toute la période nocturne maintient notre sommeil.

Le moment, l’intensité et la durée de l’exposition à la lumière du jour influent sur notre santé et notre bien-être.

L’ayurvéda conseille de se coucher avant 22h, car c’est un période propice au sommeil. Kapha domine le soir, ce dosha vient pour nous alourdir et pour nous pousser vers le sommeil. A l’aube Kapha domine toujours, elle se manifeste dans le corps par des accumulations superflues : au réveil, certains toussent, d’autres éternuent ou encore ont les doigts enflés. C’est le moment d’éliminer les substances inutiles par des nettoyages (rinçage du nez et nettoyage de la langue). C’est aussi l’heure de pratiquer des exercices de yoga ou de méditations destinés à nettoyer le corps et le mental.

La période Vata entre 2h et 6h du matin et dans l’après-midi de 14h-18h est un excellent moment pour des activités intellectuelles, créatives ou sportives.

Pitta, domine au milieu du jour et de la nuit. Nous sommes très en forme au milieu de la période  Pitta et nous avons faim vers 12h, moment idéal pour le repas puisque Pitta préside à la digestion.  La  nuit Pitta garde le corps au chaud.

Le rythme des saisons : La thyroïde est une glande hormonale qui sécrète la thyroxine (t4) et participe au métabolisme du corps. Elle réagit aux variations de la température extérieure. Elle permet  l’adaptation de notre corps aux variations saisonnières : la venue du froid à l’automne, le redoux du printemps. Notre thyroïde est mise à rude épreuve, c’est pourquoi à chaque changement de saisons il est important de prendre soin de sa thyroïde mais aussi d’adapter ses habitudes de vie.

Bien entendu cela commence par prendre soin de ce que l’on met dans son assiette : il faut ainsi veiller à consommer une nourriture qui n’aggrave pas son dosha (tempérament) pendant la saison qui présente des qualités semblables à son dosha. (Par exemple si on relève du dosha Pitta, il faut éviter de consommer des aliments qui augmentent Pitta de la fin du printemps ou à la fin de l’été.

En Occident, le printemps est une saison plutôt Pitta tout comme  l’été où il domine (chaleur, soleil), l’automne est  Vata (chutes des feuilles, vent) et l’hiver Kapha (la nature dort et elle est figée).

L’été il faudra éviter de manger en plein soleil ou de prendre trop de  bains de soleil pour éviter  un excès de Pitta. A l’inverse l’hiver on aura besoin de plats chauds et de bains chauds pour lutter et équilibrer Kapha.

Ces préceptes sont différents selon que la personne vit dans une région chaude ou froide, humide ou sèche, maritime ou continentale. Le rythme de vie de la personne est également pris en compte en fonction des horaires de travail et des habitudes alimentaires.

L’âge de la vie : L’activité métabolique diminue au fil des années. Notre métabolisme est fondamental pour tous les processus vitaux de notre corps. Il garantit le bon fonctionnement  physiologique du corps. Il est indispensable à la constitution de nos substances corporelles et pour recevoir l’énergie dont nous avons besoin. Notre poids dépend également et de façon significative de notre métabolisme. Des facteurs comme le vieillissement (mais pas que) vont jouer un rôle important du point de vue des problèmes métaboliques.

En ayurvéda il y 4 catégories d’âge selon les doshas. Le but de la vie est une élévation du niveau de conscience pour s’approcher de la réalité supérieure. Selon les vedas, la vie est divisée en 4 âges avec pour but final : moksha,  la libération, la liberté et la recherche spirituelle. L’ayurvéda est une voix de milieu avant de parvenir à la libération.

Il y d’autres objectifs :

Artha c’est la prospérité des finances, de biens matériels.

Kama qui est le désir, la sexualité, la procréation et la vie de famille.

Dharma c’est la loi éternelle à laquelle on se conforme pour vivre avec des objectifs d’élévation personnelle et collective.

Enfin, chaque période de la vie correspond  à un dosha :

Le bébé vit une vie kapha et dort la plupart du temps. L’enfance est aussi kapha (rhumes, asthme, toux). L’adolescence et l’âge mûr sont dominés par pitta  car c’est le moment de la vie active, des passions, etc. La vieillesse est une période Vata (rides, dessèchement de la peau, arthrite, pertes de mémoire).

Pour conclure l’ayurvéda est proche de la chronobiologie. Nous pouvons nous passionner pour l’ayurvéda car elle respecte tout à fait les cycles de la vie. Cette science en plus de la chronobiologie va traiter aussi l’aspect psychologique de la personne. L’ayurvéda dicte des principes de vie à respecter aux quotidiens capable d’entretenir au mieux la santé.

Le respect des rythmes de vie a été envisagé déjà depuis des millénaires par l’ayurvéda dans le but d’entretenir le bien-être et la santé des humains. C’est l’harmonie entre nos rythmes intérieurs et ceux du cosmos qui est prépondérant.

Ce qui en découle est un ensemble de règles quotidiennes (yoga, alimentation, méditation, massages… ) qui prend en compte un ensemble de facteurs environnementaux.

Mon combat pour la medecine alternative

Les médecines alternatives ne sont pas reconnues pour de nombreuses raisons. Elles devraient avoir leur place auprès de médecines allopathiques.

40% des Français auraient recours à la médecine alternative selon l’ordre des médecins et selon une enquête menée par l’OMS en 2012, 39 pays sur les 129 interrogés (soit 30%) proposent des programmes d’enseignements (DU, masters ou doctorat à l’université, ou diplôme de premier cycle).

Il faut envisager que ces deux types médecines devraient être complémentaires, que l’on devrait plus se fier à son intuition, pour ce qui est du choix du médecin selon le ou les symptômes qui apparaissent. Les médecines alternatives peuvent être des remèdes pour traiter certains maux mais pas pour tout bien entendu. Si le type de médecine employée ne se révèle pas efficace, c’est qu’il faut essayer d’autres choses. Il y a certaines médecines qui marcheront pour des individus et d’autres pour qui cela ne fonctionne pas. Chaque être humain est différent, et à son histoire de vie. Encore une fois tout est question d’équilibre : penser que la science est la seule issue n’est pas forcément exacte, et à l’inverse parfois la science est exacte et on ne peut pas la nier.

Les médecines alternatives permettent de soigner le patient dans sa globalité. Elles tiennent compte du physique, des capacités mentales et la physiologie mais aussi du passé de la personne, de ses croyances, et de son « avancée dans la maladie ».

Aujourd’hui, il y a beaucoup de maladies chroniques dues aux mauvaises habitudes de vie et au train de vie que l’on mène et que la médecine allopathique ne peut pas résoudre. Penser à d’autres alternatives est alors inévitable non pas pour remplacer la médecine conventionnelle mais en complément de celle-ci.

Dans le journal « Le monde », un article paru en 2016 nous indiquent que l’OMS comptabilise pas moins de quatre cents médecines « complémentaires », « alternatives » ou « traditionnelles ». Ces termes regroupent un grand nombre de pratiques, nouvelles ou ancestrales, fondées sur des thérapies manuelles, biologiques ou encore des approches dites « corps-esprit ». Certaines ont fait leurs preuves d’autres restes discutées, comme l’acupuncture ou l’hypnose, qui se développent dans les pays occidentaux. D’autres sont plus silencieuses comme le reiki ou la médecine ayurvédique.

Sachez que tous ceux qui pratiquent ces médecines sont des experts en bien-être qui nous veulent pour la majorité du bien. Il n’y a pas de gourous, de prophètes ou autres c’est dépassé ! Ces alternatives nous proposent simplement un chemin pour aller mieux ! Rien n’est à bannir, tout se défend, s’il y a de nombreux adeptes et de nombreux défenseurs c’est qu’il y a une raison ! Ce sont des portes qui s’ouvrent pour une vie plus épanouie et sereine en traitant de l’intérieur et en prenant en compte un ensemble de facteurs pour une approche multidimensionnelle.

Il est nécessaire de prendre soin de soi, n’ayez pas honte, ne vous dites pas que vous ne pensez qu’à vous. C’est tout à fait normal. Ne faites plus passer les autres avant vous. Personne ne prendra aussi bien soin de vous que vous-même. Ce n’est pas  regarder de trop près son nombril mais simplement aller vers soi, et c’est plus que nécessaire c’est primordial.

L’estime de soi figure dans nos besoins primordiaux, le développement personnel est révélateur, se connecter avec soi-même est essentiel, et s’aimer est incontournable. Consulter une personne de l’extérieur pour parler de ses problèmes est un acte courageux. Réfléchir au sens qu’on a envie de donner à notre vie fait partie de notre quête personnel. Le comment vivre est une quête existentielle! Se remettre en question et s’accepter tel que l’on est n’est pas toujours facile. C’est pourquoi, parfois, on a besoin d’un coup de pouce. C’est naturellement difficile de reconnaître que la façon dont l’on mène notre vie, n’est pas vraiment celle à laquelle on s’attendait.

C’est courageux de s’interroger, de se remettre en question, de remettre en cause la vie que l’on mène, cela ne doit pas être vu comme ésotérique. Que cela passe par la méditation, la spiritualité, le yoga, la sophrologie et j’en passe le but est finalement le même, une quête de sens, de retour à soi, une façon d’intérioriser.

L’essentiel est d’être soi-même, avec des valeurs, des qualmontés et des défauts, se modifier au fur et à mesure de notre vie. Enfin évoluer, mûrir de l’intérieur pourrait commencer parfois par une grande crise existentielle. Inévitablement, à un moment donné dans notre vie, on se pose des questions et on réfléchit à nos actes et actions. C’est commun d’être confronté à cela. Non ?

L’essentiel est de retirer de ce moment parfois difficile (parce que l’on brasse beaucoup de choses dans notre tête) un passé moins lourd à porter, des sentiments plus légers, un avenir serein, un chemin vers le futur qui est plus clairvoyant et d’avoir une vie qui ressemble le plus à ce que tu souhaites de ton futur. Au-delà de tout ça, même si c’est à l’échelle de soi, le monde nous semblera plus serein, et plus confiant.

C’est nécessaire pour atteindre le bonheur, la plénitude et propager l’amour autour de soi…

Revenons au cœur de notre  sujet, Edzard Ernst et Simon Singh ont écrit un ouvrage publié en 2008, qui constitue le manuel indispensable pour toute personne qui souhaite connaître les bénéfices et les risques réels de ces médecines douces.

Edzard Ernst est l’un des plus grands spécialistes mondiaux dans le domaine. C’est le premier titulaire d’une chaire universitaire en médecine complémentaire. Ce chercheur formé en acupuncture, à la naturopathie et aux manipulations des vertèbres s’est attaché à l’évaluation méthodique et rigoureuse de toutes les pratiques soumises à son attention.

Ce livre s’est inspiré d’une simple phrase d’Hippocrate reconnu comme étant « le père » de la médecine : « Il existe en fait deux choses : la science et l’opinion, la première génère de la connaissance et la seconde de l’importance. »

Ce livre jette un regard scientifique sur la pléthore actuelle de traitements alternatifs qui sont de plus en plus populaires. Selon Ernst la médecine alternative est toute thérapie qui n’est pas acceptée par la majorité de médecines traditionnelles.

Je vous invite à lire cet ouvrage, il va vous donner un avis des plus intéressants sur la question. Pour ma part je vais être simple : je pense qu’il ne faut pas abuser des médecines allopathiques ou alternatives, comme toujours tout est question d’équilibre et de besoins propres à chacun.

Je ne souhaite pas m’aventurer plus loin, je ne suis pas du tout à la hauteur et je n’aie pas les compétences. Ernst a mis plus de 20 ans à penser à la question et à effectuer des recherches. Alors lisez-le, on peut lui faire confiance, il a longuement étudié pour.

Ceci étant dit, pourquoi ne pas permettre aux médecines alternatives d’être reconnue ? Chaque citoyen est libre de consulter ! Pour ce qui est du thérapeute il pourrait y avoir une reconnaissance de l’état cela serait tout de même bien ! Il y a des organismes de formations très sérieux et fédérés pour les légitimer. C’est sûr que si vous consultez quelqu’un qui se dit thérapeute alors qu’il n’a fait que 200h de formation, il faudra se poser des questions. Comme pour tout il y a des dérives… Le bouche à oreille marche bien. Vous pouvez aller voir directement sur internet, est ce qu’il y a des avis clients ? Est que le professionnel à un site internet? Est-ce qu’il dispose de beaucoup d’expérience, de formations ? Je vous conseille aussi de vous fier à votre intuition, les choses ne se font jamais par hasard. Vous avez tout à gagner, rien à perdre! L’important n’est-il pas de vous faire une opinion sur le sujet ? La plupart des médecines alternatives sont basées sur des traitements à bases de plantes, sur un régime alimentaire sain, sur des bonnes pratiques quotidiennes !

 

 

Journal de bord de ma retraite vipassana suite et fin

Jour 4:

C’est le matin le plus difficile que j’ai éprouvée depuis le début, je sais ce qui m’attend, je ne veux pas avoir mal et je souhaite rester bien au chaud dans mon duvet.

Je crains l’assisse et bien évidemment à la médit de 5h, mon corps est verrouillé. Le bassin à l’air plus souple mais la pointe du coccyx est comme la pointe de la lame d’un couteau. Mes pensées fusent et la première médit fut un fiasco.

La deuxième partie, j’y suis allée sans appréhension et j’ai trouvé LA position confortable, j’étais tellement bien que la torpeur me pris à des moments. La somnolence ne m’a jamais posé problème jusqu’à maintenant mais là j’étais tellement bien, pour une fois il a fallu que je me concentre pour rester éveillé. Ça m’a tellement motivée que j’ai redoublé d’efforts pour bien rester consciente et là c’était super j’ai trouvé la paix…

La méditation de 17H été clean, j’ai tenu 1h dans ma position, c’était le paradis, plus de douleurs, je frissonnais de plaisirs, c’était pur, et ma respiration était si fluide! Une mélodie toute douce m’emportait en arrière fond, c’est la première fois que le gong ne me fit pas décoller de ma posture, les autres se sont levés et chaque mouvement autour de moi m’emportait encore plus loin. Je pouvais comparer cette sensation à une vague qui monte, monte et qui d’un coup s’étend sur le sable. La conscience se faisait plus précise, elle devenait de plus en plus subtil en montant et en descendant la vague de bien être s’étendait sur tout mon corps et tout mon mental ! J’aperçus une flamme, puis un petit feu de couleur rose clair, logé au milieu de mon front, je regardais le feu c’était magique ! Pour moi c’est le signe qu’il y a bien de la chaleur chez moi. Je me suis interdite inconsciemment depuis des années à me donner ce réconfort… Pourquoi refuser l’agréable? Il faut que je me souvienne de ça… C’est la clef pour me réconcilier avec moi-même. Je ne suis pas froide de sentiments positifs simplement je suis restée figée dans le temps avec mes peurs et appréhensions.La peur d’être rejetée et de ne pas être accepter tel que je suis…

Après cette méditation tous mes sens étaient en éveil, on a pris un petit encas, de l’houmous sur une tartine, j’ai particulièrement aimée ce goûter pourtant il n’était pas si différent des autres mais j’étais en pleine conscience et ça fait toute la différence! Après, on a fait une marche méditative, des larmes de bonheur ruisselaient sur mes joues tellement la communion s’intensifiait entre la terre et mes pieds. La terre me donnait de l’énergie, je sentais la chaleur monter dans mon corps.

Jour 5:

La journée d’hier a tellement été exceptionnelle que j’avais besoin de répit côté émotions et sensations. J’avais envie de me reposer sauf que ce n’était pas possible. Le 5ème jour on aurait tendance à se relâcher, je sentais un trop plein qu’il me fallait estomper avec le temps. Ce trop-plein s’est exprimé cette nuit, pour preuve j’ai parlé dans la nuit. On me l’a dit, j’étais gênée parce que j’ai dérangée des personnes qui dormaient. J’en aie fait part à mon enseignant, il m’a dit que ce n’était pas grave et que si jamais cela se reproduisait, il fallait que j’essaye de ne plus le faire. Pour lui il y a un trop plein et il faut que ça sorte. L’enseignant nous annonce deux heures supplémentaires de méditation ce soir, j’ai cru que j’allais pleurer, pour me donner du courage j’ai enfreint à la règle:  j’ai appelée mon mari et ma fille. J’étais contente de les entendre par contre je m’en voulais de ne pas avoir tenue mes engagements, j’ai brisée la règle du silence et j’ai utiliser son téléphone. C’était vital sur le moment puis après réflexion je pense que j’aurais dû forcer les choses et continuer mes efforts. Résultat j’ai réussi à me concentrer, j’étais plus apaisée par contre j’étais vide, quand j’ai voulu me relever de mon tapis, j’ai perdue l’équilibre et, j’ai failli tomber! Ça m’a fait du bien de rire de ça ! Pourvu que la journée de demain soit meilleure.

Jour 6:

Je persévère, il faut que je me dise que c’est pour mon bien que je suis ici là et maintenant. J’arrive à m’asseoir plus facilement à présent. J’accepte les douleurs, mon esprit est apaisé cela me parait évident que si j’arrive supporter la douleur c’est avant tout parce que mon esprit est détendu. Je ne cesse de penser au discours du Dhamma d’hier soir. Les colères apparaissent quand les désirs ne sont pas réalisés. La colère entretien les phénomènes de frustration. Si la frustration s’installe à long terme elle entraîne la dépression. En fait, il faudrait que je sois moins désireuse, que je prenne les choses sans rien attendre en retour. Plus je suis négative, plus j’ai des idées noires et plus j’augmente ma souffrance. Je devrais moins m’attacher aux détails, être plus dans le présent sans constamment tout anticiper. Être moins matérielle, m’attacher à l’instant présent plutôt que d’envier constamment ce que je n’aie pas. Comprendre sa colère, c’est comprendre l’objet du désir. Ainsi mettre un terme à sa colère est possible si on revoit à la baisse nos désirs ! Observer ses désirs est la meilleure façon de désamorcer sa colère.

J’ai justement un exemple à vous donner, au 4 ème jour j’ai atteint la paix intérieure, j’arrivais à contempler l’instant présent, les sensations dans mon corps et dans mon esprit étaient vraiment très agréables. Le lendemain et le surlendemain j’avais envie de me retrouver dans cet état, je suis tellement attaché à ces instants de plaisirs que j’étais désireuse d’y revenir. Seulement voilà ça ne se passe pas comme ça, et j’étais en colère, frustrée de ne pas y retourner ! Voilà l’exemple même de ce qu’il ne faudrait pas faire, vouloir toujours plus ! S’attacher à tout : bien évidemment que si on mange un autre carré de chocolat, on va vouloir un autre carré, le tout est d’essayer de faire la part des choses en se contentant de ce qu’il s’amène à nous sans cultiver constamment nos « et si…. Et si… »

Le silence ça fait du bien mais j’ai hâte d’être à 18h pour échanger avec tout ce monde avec qui j’ai vécue pendant 6 jours. C’est fou, j’ai dormi, manger, et méditer avec des personnes dont je ne connais même pas le prénom et pourtant nous sommes si proche.

L’ouverture de la parole est ouverte! Il y a que de bons sentiment et que des pensées positives qui s’évaporent dans le dhamma hall , il y a beaucoup de rires et de joie !L’endroit n’est pas reconnaissable. Ce bruit réveille aussi mes peurs  (comme si j’avais peur que mes anciens « maux » reviennent), mais maintenant je sais comment y faire face, il ne me reste plus qu’à positiver, d’observer ses sentiments sans m’y attacher.

J’aimerais parler avec tout le monde, partager d’autres moments avec eux, ça fait longtemps que je ne me suis pas retrouver aussi bien au sein d’un groupe. On partage pour beaucoup les mêmes centres d’intérêt et je suis dans mon élément. Je ne me sens pas intrusive au contraire j’ai ma place. Le point en commun à nous tous, c’est notre état d’esprit plus pure… et on n’a tous qu’un seul mot à la bouche : AMOUR.

Je devrais mettre plus souvent des mots sur des émotions… Cela me permettrait de me connaître davantage et d’éviter les « trop plein ».

L’amour est partout, il faut cultiver l’amour constamment, c’est que du bon.  la compassion,  l’amour pour soi et autour de soi c’est notre puissance, notre force intérieure. C’est ce qui nous rassemble, ce qui nous unit tous !

Une fois mort, il ne reste rien de notre passage sur terre, seulement l’amour que tu as propagé dans les cœurs de chacun et qui reste pour toujours.

Enfin, j’aimerais être plus positive dans ma vie, il n’y a pas de secrets et  il n’y a que comme ça que je peux avancer. Faire preuve de gratitude tous les jours… Parce que la vie nous offre tellement de possibilités.

Vipassana m’a donnée la chance de planter une graine au plus profond de moi. Maintenant il me reste plus qu’à faire grandir cette plante afin qu’elle jaillisse de sa pureté et de sa bonté… Il faudra que je l’arrose régulièrement en faisant preuve de pensées positives, de bienveillance et que je revienne régulièrement à la source grâce à la méditation. Méditer est une chance, vipassana est un cadeau qui nous est offert pour faire un « reset » complet de nos souffrances.

Je souhaite refaire une retraite prochainement, l’opportunité de me déconnecter pendant une semaine est vraiment nécessaire. J’ai un regard neuf à présent, le printemps arrive, je revis et revisite la joie d’être en vie.

Journal de bord de ma retraite Vipassana Partie 1

 

Jour 1 : Le premier réveil ne fut pas si difficile que je le pensais, je ressentais à la fois de l’excitation et de la peur. J’ai les mêmes ressentis lors des rentrées scolaires. On ne sait pas trop comment ça va se passer et on sait que ce moment désagréable ne va durer que quelques jours.

Pour ce premier jour en silence mes pensées fusent, j’ai du mal à calmer le flot de pensées, des sentiments de joie et de tristesse apparaissent sans trop savoir d’où ça vient.

Une question me turlupine depuis que je suis là :

Si Vipassana, la recherche de la pleine conscience par la méditation est le cheminement vers la libération des souffrances alors méditer devient un traitement. Le traitement anti dépresseur que je prends peut-il se substituer alors ? Est-ce que ce n’est pas le bon moment pour cesser mon traitement ?

La deuxième partie de méditation en matinée qui est de 10h à 13h était plutôt réussi. J’avais l’esprit relaxé et détendu. Je remarque que malgré tous les efforts que je donne pour rester concentrer sur un objet d’attention (on travaillait sur le soulèvement et l’abaissement du diaphragme) , je suis tout de même distraite à certains moments. Il y a tout ce monde autour de moi que je ne connais pas puis c’est difficile de rester tête baissée. J’ai envie de regarder les autres, de croiser des regards, je suis comme attirée par le mécanisme de sociabilisation qui normalement se met en place dès que l’on appartient à un groupe. Cela me contrarie, pour une fois que je ne suis pas dans l’intention de me faire des amis !

Le reste de la journée a été tendue, c’était de plus en plus compliqué pour rester concentrer sans me dissiper. Je commençais à fatiguer, mes pensées m’emmenaient, et le doute s’installa : qu’est-ce que je fais là ? Je suis en train de perdre mon temps ? J’étais en colère car je n’arrivais pas à faire l’exercice correctement, à d’autres moments j’étais prise de joie car vipassana est un bon défi et j’aime les défis.

Des images apparaissent, ça me surprend parce que ça apparait comme des flashs. Je ne sais pas d’où ça vient et les visions me rendent soucieuse car je me suis vu moi, enfant épanouie près de ma maman pleine de joie et de rire. On respirait l’amour ! Cela me renvoyait directement à moi l’adulte mais qui doit se souvenir de son enfance… Je suis persuadée que c’est pour me faire réfléchir, en fait peut être que je suis là pour retrouver la personne égarée depuis son enfance. Qui un jour s’est effacée pour devenir quelqu’un qu’elle n’est pas… Cette vision me rappela à quel point je pouvais être épanouie en étant simplement moi, déshabillée de toute façade.

Du coup, je passe en un quart de seconde du rire aux larmes. Après je vois Louise rayonnante et mon mari malheureusement abattu par la fatigue, le stress, et en mode « je subis la vie plus que je profite ».

Quand je vais rentrer la première chose que je vais dire à mon mari c’est qu’il faut faire absolument une retraite méditative comme moi, ça pourrait lui être tellement bénéfique.

J’ai été voir l’enseignant en fin de journée, mon instructeur respire la bienveillance et l’amour, il m’impressionne un peu. Il m’a dit : « Non, si tu as un traitement anti dépresseur c’est parce que tu en as besoin, l’arrêter est trop précoce, il t’aide à pallier à ton problème de santé, il te sert de béquille appuis toi dessus jusqu’à temps que tu sentes une robuste force intérieure. On n’enlève pas les béquilles avant d’avoir une bonne rééducation !

 

Par rapport à tes émotions c’est tout à fait normal d’en avoir beaucoup et que ça partent dans tous les sens, tous les gens ici me posent cette question alors tu vois tu n’es pas la seule. Pour l’instant laisse défiler et observe, laisse les passer sans t’y attacher. »

On a fait une marche méditative dans les bois, c’était sympa par contre. La méditation en pleine conscience je sais ce que ça signifie mais je ne comprends pas encore comment y parvenir.

Les pensées surgissent de pas en pas, j’avais plutôt l’habitude de sortir prendre l’air pour me changer les idées et non pas pour bannir les pensées et les idées ! Tout est le contraire du formatage auquel j’ai été habituée jusqu’à maintenant.

Ma grande révélation de la journée, j’aime les arbres ! Ça fait une éternité que je n’avais pas touché à un arbre (et oui c’est si simple) en fait c’est incroyable j’avais l’impression de le voir respirer, car il était plus chaud que l’air, l’arbre est immobile mais tellement vivant ! Au toucher, je m’identifiais à lui : tous deux nous étions là, à contempler l’instant présent, moi mobile qui aimerait être pourtant enraciné dans la vie de tous les jours et l’arbre qui rêverait d’être comme l’être humain, bouger, et déployer son énergie.

Jour 2 : Le réveil a encore été plus facile que le premier, je suis prête à remettre cela, c’est bon signe ! Le calme est bien présent, juste un tout petit peu de pensées. Ma présence est bien ici et maintenant. Ce qui me pose le plus problème aujourd’hui c’est la position assisse, j’ai mal partout. Au début c’était gérable mais vers la fin de la matinée c’était intenable, je rêvais d’aller piquer un 200m ! Du coup, cela m’a même empêché de bien méditer, le mental a pris le dessus car il se concentrait sur deux choses, les douleurs et les  lamentations. Je me suis senti coupable de ne penser qu’à ça. Surtout que l’objet de l’attention était « Je ne suis pas le corps, je ne suis pas le mental » Juste avant déjeuner j’ai déroulé mon tapis de yoga, je ne pouvais pas rester comme ça, j’accumulais des tensions dans le bassin et les hanches, j’étais comme prisonnière. Cette barrière entre les membres supérieurs et inférieurs empêchait de laisser passer les émotions, sentiments, et énergies. Je pleurais à chaudes larmes je comptais tellement sur cette retraite pour me sortir de l’impasse dans laquelle je suis…

L’après-midi on a fait un body scan. On passait par les sept points correspondant aux 7 chakras mais gros problème arrivé au chakra cœur ça bloque. C’est dur à accepter : « Je suis incapable de passer par le point cœur car mon cœur n’est pas en éveil ? »  Il a fallu que je me concentre deux fois plus pour passer cette zone nouée.  Je ne sais pas à quoi c’est dû en tout cas je ne peux pas laisser mon impression au hasard.

Est-ce que cela aurait un rapport avec les sentiments ? Aimer ? OK mais recevoir. N’aurais-je pas mis une carapace aux parois de mon cœur ? Si l’énergie ne circule pas à cet endroit-là ce n’est pas par hasard. Je ne m’aime pas de toute façon donc c’est évident que le malaise se créé à cet endroit précis. Sauf que si je ne m’aime pas je ne peux pas aimer les autres ? Et oui… C’est dur à accepter mais il va falloir car c’est la pure réalité. J’aime ma famille mais peut être que si je m’aimais un peu plus je pourrais donner encore plus… Ainsi, je ne connais peut être pas assez la puissance que peut avoir l’amour…

En fin de journée je ne supporte plus la position assisse, c’est hyper désagréable, les étirements de l’extérieur des cuisses sont insoutenables. Ça m’irradie tout le corps. Pendant la marche méditative j’ai beaucoup pleuré, j’ai retrouvé un arbre et j’ai déversé ma tristesse sur lui, et je lui aie demandé de me donner un peu de son énergie pour avoir la force de terminer cette balade. Il était prêt à recevoir.  C’est dingue je lui aie dit pardon d’avoir déversée des larmes sur lui, même avec les arbres je suis « dans le souci permanent de l’autre »…

J’aimerais être comme lui, figée dans l’instant présent, c’est plaisant de ne penser à rien… juste d’ici et maintenant….

Ma fille me manque, je cherche son regard, il me fuit…

L’instructeur m’a dit que mon cœur n’est pas dépourvu d’amour simplement je donne de l’amour sans m’en rendre compte. Il m’a demandé d’essayer de lui apporter de cœur à cœur de l’amour (on appelle ça metta méditation) et il en a reçu me dit-il,  j’en aie même eu des frissons. Selon lui, si je vois  ma petite fille dans les méditations c’est parce que l’instinct maternel est bien là même au loin.  Il a rajouté que je devais tout lui dire sur moi. Elle va essayer de chercher à comprendre pourquoi je suis comme ça et si je ne lui dis rien, elle va réfléchir deux fois plus et elle sait que je lui cache quelque chose parce qu’elle le ressent. Si je ne lui dis pas quand je ne vais pas bien, je vais semer le doute sur moi mais également sur elle. Ce n’est pas bon du tout. Maintenant je me jure de tout lui dire car je ne veux pas qu’elle doute d’elle comme j’ai pu douter (et encore toujours) de moi.

Ainsi Metta est donner de l’amour autour de soi, d’envoyer de bonnes ondes direct de cœur à cœur sans passer par la pensée ni par le mental. Mais tout simplement de cœur à cœur… Je me promets de le faire aussi régulièrement.

Jour 3 :

Message de gratitude envers tout ce qui m’entoure : la nature, les personnes qui m’entourent, à mes parents, mon mari, ma fille…

Maman, j’ai retrouvé ton carnet bleu (journal qu’elle a tenu quelques jours avant que je naisse), je ne savais où je l’avais mis. C’est en cherchant un truc pour Louise que j’ai trouvé… C’était juste avant mon départ pour la retraite vipassana, ce n’est pas un hasard si je le retrouve aujourd’hui… Il m’encourage peut être à renaître une seconde fois….

Depuis quelques mois, un lien puissant nous a réunies, les galères nous ont malheureusement appris  que seul l’amour est essentiel. Aujourd’hui, je me retrouve, mais à l’état d’enfant… Comme si je m’étais égarée depuis tout ce temps… Est-ce que la boucle va se fermer définitivement ?

Je te revois épanouie, comme quand j’étais petite, sans marque de tristesse… maintenant aguerrie de tout cela…

Pendant une méditation, je me suis vue avec toi ! C’est la première fois qu’un souvenir d’aussi loin me revient ! Cela m’a mis dans des états d’émotions intenses mais c’était de bonnes émotions !

La vie a repris son cours et nous allons avancer ensemble plus forte que jamais… Notre chemin ne pourra plus être semé d’embuche car il est maintenant sain et construit sur des bases solides. J’ai une chance incroyable de t’avoir comme Maman, tu es présente et tu m’apportes du réconfort et beaucoup d’amour.

Je t’apporte de cœur à cœur, de la chaleur remplit de gratitude et de compassion. Je ne souffrirai plus jamais autant de solitude, car maintenant tu lis en moi comme dans un livre. Tu as su te mettre à ma place et comprendre mes difficultés à me sortir de cette panade.

Aujourd’hui c’est le 3 ème jour, je me sens bien car je découvre ou plutôt redécouvre progressivement ses émotions qui étaient depuis longtemps latente.

J’aime pratiquer la méditation, elle ouvre un océan de paix. J’ai encore des difficultés avec l’assisse mais l’instructeur m’a donné quelques pistes pour m’asseoir plus confortablement. Tant que je n’arrive pas à relâcher dans mon bassin, je ne serais pas tranquille. Ces tensions sont clairement liées aux émotions du moment. J’ai remarqué que quand mon esprit est plus relâché je souffre moins et inverse quand je me mets en colère parce que j’ai mal partout et bien la douleur s’intensifie.

On a encore pratiqué des scann corporels, je suis passée par différentes sensations, parfois j’avais des frissons, de la lumière, j’ai même entendu de la musique, elle berçait mes mouvements de conscience interne quand je passais d’une partie à l’autre du corps. Je suis loin d’être un être accompli mais je commence à comprendre ce que cela veut dire. Tout d’abord, il faudrait que j’apprenne à m’accepter tel que je suis. Il va falloir que j’aime même mes défauts ! Et accepter toutes ses imperfections. Cultiver l’amour autant que je peux, après le reste en découlera.

C’est difficile de passer de l’auto destruction à l’attention pour soi, avoir un esprit sain, « lumineux » c’est la clef du bonheur.

Après toutes ses petites péripéties j’étais perdue, c’était le vide complet, comme si j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps. J’ai un peu pris peur de ce vide alors j’en aie parlé à l’instructeur : « Juste Justine, Observe et prend les choses comme elles viennent, c’est le lâcher prise que tu vis là »

Ma première retraite méditative

J-1 avant le début de ma première retraite de Vipassana de 7 jours. Pendant ces 7 jours il n’y aura aucun contact avec l’extérieur ni même de paroles échangées avec les autres méditants…

Cette idée de me déconnecter me plait ! Par contre ce qui va être difficile c’est de ne pas avoir de nouvelles de mon mari et de ma fille… Je m’imagine déjà méditer et avoir des pensées pour eux… ce qui m’effraie c’est de ne pas pouvoir m’en détacher. De ne pas être pleinement présent à ce que je fais. Pourtant je ne peux pas faire mieux en matière de détachement, aucun contact, aucune observation, juste moi et ma conscience.

Je relis la préparation pour cette retraite et déjà je ne suis pas les recommandations, premier bémol il aurait fallu que je me couche au plus tard à 22h toute cette semaine. J’écris ces phrases et il est 1H du matin, tout va bien. Le réveil pendant la retraite s’effectue à 4H15, je vais être réveillée par 3 gong et extinction des lumières à 22h. Autant dire que les premières journées vont être difficiles. J’espère vite m’habituer. Après quand je lis le planning cela me plait. Je vais passer toute la journée à méditer, manger en pleine conscience 2h. 3h de méditation le matin et 3h de méditation l’après-midi (alternance entre assisse et marche). Sinon entre deux il y a un temps réservé, bien sûr à la douche puis 1H est consacré à un jogging ou au yoga (pour moi ça sera yoga!). Ensuite nous consacrons du temps à la lecture du manuel de méditation, ou bien à l’écriture d’un journal, et enfin 1h est dédiée à un discours sur le dhamma (l’enseignement du bouddha : comme étant la vérité).

Pour ceux qui ne connaissent pas Vipassana cela signifie voir les choses telles qu’elles sont réellement, c’est l’une des techniques de méditation les plus anciennes de l’Inde.

En fait, je pense qu’il va me falloir beaucoup travailler sur moi-même pour cette retraite vipassana, mais  il faut bien se lancer et j’ai toujours été attiré par la méditation. Elle m’apporte énormément. Vipassana est l’occasion d’approfondir et de me plonger dans l’océan de soi… Quand j’ai pris connaissance des documents envoyés j’ai bien compris qu’il y avait une chose que je devais retenir avant tout du bouddha :

« Il ne faut rien saisir, ni s’attacher à quoi que ce soit » en d’autres termes s’il y a saisie et attachement aux choses, il y a derrière la souffrance (dukkha). Quand nous en venons à expérimenter et connaître cela, nous pouvons dire que nous connaissons tous les discours du bouddha, les 84 000 dhamma. Et avoir mis cela en pratique c’est avoir pratiqué la dhamma complètement dans toutes ses phases et tous ses aspects. La raison pour laquelle un yogi ne respecte pas les règles de conduite est qu’il saisit et s’accroche à toutes choses. S’il s’abstient de saisir et de s’attacher à quoi que ce soit, et met de côté le désir et la colère, il ne peut manquer les règles de conduite.

J’espère réussir à ne pas m’attacher, je ne sais pas si je vais en avoir la force, j’espère que j’ai choisi le bon moment pour faire cette retraite. Etant encore très fragile, je ne sais pas comment mon corps et mon esprit vont réagir à cette discipline. Je croise les doigts … J’aimerais que cela me ressource et m’aide à voir une issue à la maladie dont je suis atteinte : la dépression. J’aimerais qu’elle m’aide dans mon futur, que cela soit personnel ou professionnel car pour moi l’enjeu est important. Suis-je capable de lâcher prise ? De me reconnecter avec moi-même, de trouver un calme intérieur m’apportant la sérénité dont j’ai besoin pour avancer. En ce qui concerne mon futur professionnel, je souhaite apporter du bien être aux autres mais avant il est plus que souhaitable que je trouve un bien être intérieur avant de vouloir essayer quoi que ce soit sur les autres. En définitif apprendre à m’aimer tel que je suis sans artifice, sans secret, sans regret… Si j’apprends à m’apprivoiser alors je pourrais envisager de faire ce qui me passionne le plus le yoga et prodiguer des massages de bien être basés sur la médecine traditionnelle indienne.