Les granthis

Le terme Yoga dans le sens traditionnel signifie lien. Du lien entre l’Atma: le divin individualisé en chaque être et le brahman: le divin absolu. Le yoga a pour but la liberté . La liberté de se libérer de la loi du Karma, mais aussi de supprimer la racine de la souffrance existentielle par une prise de conscience de notre vraie nature. Cette dernière est voilée par Avidya: l’ignorance fondamentale. Avidya est ce qui empêche de connaître la réalité du monde « telle qu’elle est » et qui fait que nous la voyons telle que nous voulions qu’elle soit.

La pratique des postures (asana) agit de manière très profonde sur notre psychisme qui reflète tous les déséquilibres du corps et  même sur Avidya. La pratique de Yoga et de méditation transforment progressivement celui ou celle qui s’y donne avec de la régularité. Ce voyage intérieur est une quête spirituelle qui demande une pratique régulière, soutenue par un initié (enseignant, maître…).

Les Granthis correspondent à des étapes fondamentales pour atteindre la pure conscience. Il n’y a pas de séparation entre le spectateur et le spectacle.

Les 3 Granthis sont des obstacles majeurs à ce voyage intérieur vers l’accomplissement.

Ces obstacles concentrent toutes les constructions mentales qui lient les êtres humains entre eux (pensées, identifications, jugements). Elles se construisent depuis le plus jeune âge avec toutes les peurs qui entraînent la méchanceté, l’hypocrisie, l’impatience, l’arrogance et le mécontentement permanent.

Au moment de l’éveil Kundalini, ces nœuds empêchent le flux d’énergie vitale de passer. Cette énergie vitale (prana) circule le long de la sushumna nadi:  canal essentiel qui passe le long de la colonne vertébral. Lorsque la Kundalini rencontre les granthis , elle doit les percer l’un après l’autre et faire vibrer les chakras qui leurs correspondent. Ceci afin d’atteindre Ananda Shakti : l’énergie paisible.

Ces nœuds (granthis) portent chacun le nom d’une divinité indienne:

-Brahma: dieu créateur de l’univers

-Vishnou: dieu de préservation de la vie

-Rudra: dieu maître de la mort. (au fil des siècles dans l’hindouisme, ce dieu disparaît presque totalement au profit de Shiva: dieu du yoga, de la transformation, de l’évolution de la vie/mort)

1er Nœud: Brahma Granthi :

Ce nœud correspond à l’attachement à la vie.

Brahma Granthi est le blocage du flux du chakra racine (1er chakra en partant du bas). Ces blocages sont liés à la servitude envers les désirs.

En Muladahara Chakra se trouve la source de la volonté de vivre et de survivre qui procure force, pouvoir et stabilité d’évolution. Il représente l’instant d’enracinement mais aussi son opposé : la mobilité, le besoin de se déployer dans l’expansion matérielle de l’identité, l’activité en général et le désir de perdurer. C’est également la zone de la sexualité. Son émotion primaire est la peur (peur du manque, peur de la mort, peur des autres).

Je reviens encore sur la notion d’équilibre. On peut à la fois prendre trop soin de son corps et à l’inverse complètement s’en détacher. Ressentez que votre corps est au service de l’être et non pas l’inverse.

Le yoga par la pratique d’asana et de la méditation va créer des conditions favorables à la réalisation du soi. Lorsque le corps et le mental sont équilibrés, les conditions sont plus favorables. Délier Brahma Granthi correspond au dépassement spirituel de ses peurs et attachements fondamentaux. Ainsi apparaît l’enthousiasme et le sentiment de non séparation avec l’univers.

2 ème Nœud : Vishnu Granthi

C’est le nœud des émotions et des attachements de l’identité duelle (partenaire, parents, social, animal, matériel).Ces blocages sont liés à l’esclavage des actions. Ce nœud est lié à la zone du cœur, dans l’espace de la poitrine. Siège de l’amour et des émotions, Anahata Chakra fait le lien entre le domaine physique (les 3 premiers chakras) et le domaine mental, intuitif, et spirituel (les 3 derniers Chakras).

Il permet la descente de l’énergie dans la matière. Il convertit l’énergie des chakras inférieurs, plus difficile à percevoir. Il a une importance capitale pour l’équilibre et le plein épanouissement de l’être. On dit que cet espace est le lieu de toutes les réconciliations, où peuvent se rassembler tous les contraires (gauche/droite ; nous/les autres). Il engage un sens du toucher par la sensibilité. C’est un lieu d’ouverture, nous n’existons que par ce rapport qui nous entoure.

3 ème nœuds: Rudra (shiva) Granthi

Ajna est en lien avec les capacités intuitives, le pressentiment qui s’opposent à la raison. C’est le nœud des justifications intellectuelles et des certitudes. Ce granthi bloqué est lié à la servitude des pensées par rapport à la connaissance pure.

C’est le lieu du mental, le centre du commandement dans le sens d’un lieu plus subtil. On se trouve au-delà des 5 éléments qui constituent le monde physique. C’est le lieu de l’intelligence rationnelle, intuitive, du processus de prise de conscience, de la signification des sens et des sensations.

Lorsque Ajna est noué, la personne arrive au maximum de sa conscience et ne peut avoir une vision élargie de l’existence. Le fait de rester dans l’intellectuel peut aussi nous priver paradoxalement de l’ultime étape. L’intuition est nécessaire à ce passage.

Ce nœud est localisé dans la zone frontale et dans tout le volume crânien. Il est relié à Ajna 2 ème chakra en partant du haut.

En conclusion :

Le déblocage de chaque Granthi s’accompagne d’un changement profond de l’être. L’obstacle majeur à ces trois nœuds est l’attachement à notre ego. Des pratiques de Yoga sont associées à ces nœuds. Je vous en dirai plus prochainement dans un nouvel article. Si cela vous intéresse!

Le bon karma

Le karma en Sanskrit signifie « actes » ou « actions ». Selon la croyance Hindoue ou Bouddhiste issue de l’Inde ancestrale. Il s’agit de la loi de cause à effet, d’actions et de réactions.

Nous créons le Karma de trois façons: la pensée, la parole et l’action.  L’intention apparaît d’abord dans nos pensées, celle ci génère des paroles et des actions. Le karma recouvrent deux aspects: le positif et le négatif.

On entend souvent parler de mauvais karma mais très peu de bon karma. J’aimerai justement vous parler de celui ci.

Agir avec de bonnes intentions va favoriser un bon karma. Plus l’intention est positive cette énergie positive va s’activer et s’animer en nous. C’est en nourrissant nos actions de bonté et de compassions que notre karma va se transformer. Tout acte a un effet sur notre vie, c’est nous qui construisons notre propre réalité. L’esprit du karma est de faire le bien pour soi mais aussi pour les autres et le monde qui nous entourent. C’est en gardant à l’esprit la notion de partage, de sentiments et de pensées positives que notre karma va se modifier petit à petit.

Nous devons changer en profondeur, avoir un cheminement complètement différent de celui que l’on a actuellement. Nous sommes confrontés à un monde de compétition, d’individualisme. Et si on voyait les choses différemment?

Imaginez que vous cultivez un plante dans votre jardin, tout d’abord vous préparez la terre, puis vous plantez la graine et vous prenez soin de bien l’arroser et vous la chouchoutez. Vous voulez que cette fleur se déploie, qu’ elle grandisse et pour finir qu’elle fasse de belles fleurs. Maintenant identifiez vous à cette plante comme si c’était vous que vous « cultiviez ».Et vous, que voulez vous refléter? Que vous voulez dégager?

C’est en cultivant avec soin nos pensées, nos actions et nos mots positifs que nous pouvons donner le meilleur de nous même. Ainsi notre être peut rayonner!

La pratique quotidienne de bonnes intentions supposent agir en pleine conscience pour cesser nos mauvaises habitudes. C’est en prêtant une attention respectueuse aux autres et en cultivant la simplicité (la nature, la beauté des choses infimes) que la sagesse intérieure va s’ouvrir. En amont cela implique de construire un bon karma en définitive plus de colère, d’avidité ou de négativité.

Lorsque nous nous sentons submergés par un stress ou que nous sommes irrités, le mieux est de s’arrêter quelques minutes et de se dire la première chose qu’il nous vient à l’esprit. Ensuite, il vous suffit d’analyser cette réflexion. Qu’elle était mon intention? Est-elle bonne ou mauvaise? Si elle est négative pourquoi je réagis comme cela? Qu’est ce qui me pousse à vouloir agir ainsi? Une fois que cette analyse est faite, refaite vous « le film ». Je vous invite à le faire, maintenant observez, vous verrez  que votre attitude en sera complètement différente. Vous verrez que vous ferrez preuve de plus d’indulgence envers les autres et vous-même.

En fait, il s’agit de sortir de notre schéma habituel pour expérimenter de nouveaux états d’être. La notion de justesse apparaît être la clef pour notre karma. Cela demande d’entrer en contact avec des situations présentes, dans une ouverture d’esprit qui accueille toute information.

La méditation est un très bon outil pour commencer à tendre vers ce travail.

Une fois l’action effectuée avec justesse, repensez à cette action consciente et nourrissez vous de cette petite victoire. Cela vous motivera pour prolonger ces exercices. Cela va bouleverser vos anciens codes mais cette sagesse gagnera en vous une profonde sérénité.