Les gunas

Les gunas sont des attributs ou qualités, il existe sous la forme de trois : Sattva, Raja et Tama. Ce sont les constitutions mentales que l’on possède. Il détermine le côté psychologique de l’individu, son tempérament humain. Chaque guna a une qualité et va influencer notre comportement, nos humeurs et nos attitudes.

Chaque être humain possède ses attributs mais sont en proportion différent. C’est le même fonctionnement qu’avec les doshas. Pendant l’âge adulte (20-60 ans) nous ne pouvons être complètement Sattva. Nous avons des obligations, notre dharma (maintenir la famille, être utile pour la société) cela demande des actions en conséquence.

Dans la conception védique les gunas correspondent aux trois formes du divin :

  • Vishnu sattva guna (préservation)
  • Brahma raja guna (création)
  • Shiva tama guna (destruction)

Ces trois formes incarnent le processus de préservation, création et de destruction. Tous les trois sont indispensables pour l’existence de l’univers. Le lever et le coucher du soleil est sattvique, le jour est rajasique et la nuit est tamasique.  Ces trois qualités sont présentées et sont à l’œuvre à tous les niveaux.

La science ayurvédique qualifie tama, raja et sattva de qualité d’ordre vibratoire, c’est au moyen de ces trois énergies que se déploie la création.

-La graine est récoltée dans l’obscurité ce qui correspond à Tama

-Ce qui permet à la tige de s’élever vers le ciel est rendu possible grâce à l’énergie de Raja

-Tel un utérus sattva est la réalisation à travers le déploiement de ses pétales

Au fil des expériences, la sagesse nous éclaire vers une compréhension profonde et lumineuse. Par exemple quand on a un projet en tête c’est le raja qui s’active (création, production et action), ensuite pour le faire durer Sattva va intervenir (calme, maintien). Enfin s’il faut passer à autre chose, il faut mettre fin au projet avec l’énergie de Tama (destruction, ignorance).

Tama signifie être épuisée, devenir rigide. Tama désigne le manque d’énergie, il se manifeste par l’ignorance, la lourdeur, l’inertie, la lenteur d’esprit, la dépression, l’attachement, la dépendance et les doutes.

Raja c’est rougeoyant, brillant, c’est la puissance de l’énergie de l’action, de dynamisme qui nous pousse à expérimenter et à créer. Il se manifeste par le mouvement, l’agressivité, l’extraversion, la colère, l’euphorie, l’anxiété, la peur, l’irritation mais aussi la détermination et le courage.

Sattva c’est l’équilibre, la paix, l’harmonie, la pureté. C’est tout ce qui est positif. Les motivations sont nobles, la conscience est pure. Il se manifeste par la générosité, l’empathie, la capacité à apporter des changements positifs, à initier des projets, à créer l’enthousiasme, la compréhension, et la communication entre les êtres.

La pratique du yoga, de la méditation, de la spiritualité peut modifier les schémas mentaux. Sans gunas les doshas ne bougeraient pas. Le mental évolue, les gunas ne se figent pas. Les activités qui favorisent Sattva sont celles qui apportent légèreté, clarté et lumière. Les activités de « nettoyage » lorsqu’elles servent à l’individu qui les effectuent permettent d’apporter la lumière au mental en nettoyant l’environnement des choses qui l’incombent et l’obscurcissent.

Agir sur le monde extérieur aura une incidence sur le monde intérieur et inversement. Il convient donc que lorsque l’on veut faire place neuve dans notre mental et clarifier ses idées, de faire également place neuve dans son environnement proche.

La méditation et les activités qui favorisent l’intériorisation et la prise de conscience de son « soi » profond auront également une incidence positive sur l’émergence d’une qualité mentale et émotionnelle plus sattvique.

Les activités comme la pratique de la cuisine (avec une bonne qualité de présence) ou un hobby qui nous détend (marche ou contact avec la nature par exemple) favorisent sattva. Il convient de ralentir (qualité propre à raja), de se poser, de lâcher prise et d’apprécier les petits plaisirs de la vie (en retrouvant son âme d’enfant prompte à s’émerveiller à la vue d’un papillon ou à la joie d’un coucher de soleil).

Les états tamasiques nous plongent dans la noirceur et la sensation d’être dans une impasse impossible à surmonter. Passer d’un état tamasique à sattvique ne pourra se faire qu’en passant par l’étape rajasique.

Il est impossible de passer de l’état de lourdeur et de stagnation à un état lumineux et léger. Il faudra d’abord se remettre en mouvement pour tendre vers un état plus sattvique. Ne l’oublier pas car cela peut prendre un peu de temps si vous êtes dans une impasse.

Une alimentation fraîche, naturelle, légère, riche en prana est nécessaire pour conserver un état sattvique (fruits frais, graines germées, amandes trempées, riz basmati, lait…).

Consommer des aliments lourds, gras, frits avec une haute densité calorique est le plus sûr moyen de sombrer dans un état tamasique. Faite attention à ne pas abuser des épices chauffantes et piquantes qui sont plutôt de nature rajasique.

Pour développer Sattva il faut :

  • Une alimentation saine
  • Des massages réguliers avec des huiles spécifiques à notre constitution
  • Du Yoga
  • Citer des mantras
  • Se lever tôt
  • Exercer une activité professionnelle en accord avec nos convictions
  • Contribuer au bien communautaire
  • Etudier la spiritualité
  • Pardonner
  • Faire preuve de compassion et d’indulgence

 

Les grands principes de la cuisine ayurvédique

« Quand la façon de te nourrir est inadaptée, la médecine ne peut rien. Quand l’alimentation est correcte la médecine est inutile. » Ancien proverbe ayurvédique

L’ayurvéda donne les clés du bien être, principalement à travers la manière dont on s’alimente. Il paraît important que je vous précise les grandes règles de la cuisine ayurvédique afin que vous puissiez vous en inspirer.  Si vous aspirez à vivre de manière cohérente avec vos objectifs, il est bon de savoir quels gestes favorisent ce souhait. Pour cela, il est important de connaître le fonctionnement de cette « science de la vie » afin de  mieux cerner vos besoins. Je suis actuellement en pleine recherche pour trouver un équilibre dans mon corps et dans mon esprit. Je reste certaine que la solution est avant tout en moi. Si je donne un sens nouveau à ma façon de vivre, au quotidien par l’ayurvéda, je vais trouver le juste milieu !  Je pense qu’on peut être bien dans son corps et dans son esprit en revoyant tout simplement les gestes simples de notre quotidien. Ces règles peuvent aussi s’appliquer momentanément, ainsi,  je vous invite à faire la différence entre  avant et après une cure ayurvédique. Cette « cure » sera tellement bénéfique !

L’ayurvéda est puissamment logique.Ce que nous mangeons modifie qui nous sommes, notre énergie et notre capacité à réagir positivement ! Ainsi trouver un équilibre dans son alimentation en fonction de son profil personnel et le début d’une vie plus sereine !

En ayurvéda, la pureté et la provenance des aliments ainsi que le respect accordé à la préparation de la nourriture sont  fondamentaux.

Le principe de la diététique en ayurvéda est principalement de respecter un équilibre.

  • Équilibre des couleurs : essayer d’avoir des couleurs vertes et jaunes dans votre assiette. Cela peut se faire avec des salades, des légumes verts, des currys, du curcuma.
  • Équilibre des 6 goûts (rasa), à chaque repas il faut consommer les 6 saveurs. La notion de rasa va englober la saveur d’un aliment mais aussi les effets subtils qui vont engendrer à la suite  la perception de cette saveur par notre cerveau.

 

Doux : eau +terre correspond aux qualités de KAPHA. Le doux a une énergie (Virya) rafraichissante. C’est le plus nutritif de tous les goûts. Il nourrit notre plasma sanguin et nos tissus mais permet aussi d’entrer en contact avec notre corps, de nous poser, et de profiter plus simplement de la vie. Les aliments doux favorisent la fertilité, mais trop de douceur ramollit l’organisme et peut conduire à l’obésité et au diabète.

EX : céréales complètes, pâtes, pain, riz, graines, noix, certains fruits et légumes comme le potiron.

Acide : eau + terre correspond principalement au dosha de PITTA. L’’acide a une énergie réchauffante. La consommation de nourriture acide accroit l’appétit, la sécrétion de salive et de sucs gastriques. Elle favorise la vivacité d’esprit ainsi que la clarté des pensées et des émotions. Toutefois, un excès peut irriter le système digestif, favoriser les courbatures et les crampes, provoquer des inflammations et des maladies du sang ou encore réduire la fertilité.

EX : Produits laitiers, fruits acides (agrumes, baies, prune, fruits de la passion), certains légumes (tomates, épinards, blettes, rhubarbe, cornichons, alcool (vins, bières…) etc.…

Salé : Terre + Feu correspond principalement au dosha de KAPHA, son énergie est réchauffante. Il apporte la fermeté et la structure en favorisant la stabilité. Le sel est un exhausteur de goût. Un excès peut emprisonner le sang et provoquer des maladies cutanées. Le sel raffiné (blanc), dépourvu de minéraux naturels favorisent la rétention des fluides dans le corps et tonifie les glandes surrénales, la thyroïde, les reins et la prostate.

EX : sel d’Himalaya, sel gemme, sel de Guérande…

Piquant : feu+air correspond principalement au dosha VATA, son énergie est réchauffante. Il favorise la digestion et permet de bruler les toxines. La nourriture piquante a de grandes vertus thérapeutiques. Elle améliore la respiration et la concentration et  stimule l’activité cérébrale. Une alimentation trop piquante peut être la cause d’insomnie, d’instabilité émotionnelle, d’instabilité et  favoriser les inflammations.

EX : épices, oignons, chou de Bruxelles, gingembre, moutarde

Amer : air + éther correspond principalement au dosha VATA, son énergie est rafraîchissante. C’est un goût asséchant qui provoque un effet vivifiant purifiant. Il a un impact très favorable sur les personnes souffrant d’un excès de Kapha. La nourriture amer  accélère le rythme métabolique,  favorise la digestion et purifie l’esprit. Un excès peut influencer les émotions en accentuant le sentiment de tristesse.

Ex : légumes à feuilles vertes, thé etc.…

Astringent : air+terre correspond principalement au dosha VATA, son énergie est rafraichissante. Ce goût à la particularité d’être asséchant et contractant. C’est pourquoi comme l’amer il a un impact très favorable sur les personnes souffrant d’un excès de Kapha. Il exerce également un effet dépuratif et fortifiant sur l’esprit en permettant de rassembler ses pensées et de se recentrer. Les fruits astringents sont souvent utiliser pour nettoyer les fluides et permettent ainsi de lutter contre la chute des cheveux et régénérer  la peau et les tissus nerveux.

EX : concombre, aubergine, laitue, champignons, fruits (pommes, baies, raisins, poires)…

Si vous êtes en bonne santé, l’ayurvéda recommande d’intégrer les 6 goûts dans votre assiette. Il permet de rentrer en contact avec les 5 éléments présents dans les organes de notre corps comme dans toute la nature. Le but de la médecine ayurvédique est de rétablir un équilibre doshique qui a pu être perturbé par de nombreuses causes, notamment des charges émotionnelles et des erreurs dans la façon de s’alimenter. Il faut s’alimenter en fonction de son équilibre doshique de naissance (celui qui prédomine dans sa constitution) et celui qui est susceptible d’augmenter au cours de notre vie en veillant à ne pas tomber dans l’excès. Les goûts assurent une bonne digestion, une absorption optimale, ainsi que la satisfaction de nos papilles.

  • Le troisième équilibre concerne les 3 gunas (sattva, raja et tama) [voir article sur les gunas]

Certains aliments comme les fruits biologiques correctement mûris, les graines germées ou les jeunes pousses, sont des aliments sattviques et nous apporte la lumière quand on les consomme. D’autres aliments nous donnent plutôt de l’énergie, comme les céréales et les légumes ce sont les aliments rajasiques. Il existe enfin des aliments comme les plats cuisinés qui sont souvent trop gras, avec des sauces trop lourdes à digérer. Ce type d’aliments est plutôt du genre tamasique et il est préférable d’en limiter la consommation et de les éviter au maximum.

La théorie de l’ayurvéda nous parle des dhatus, les tissus conjonctifs du corps physiques, dont le premier est rasa le jus nourricier. Ce rasa doit être de la plus haute qualité possible du point de vue de sattva, rajas et tama, des 6 goûts et de la qualité des couleurs.

Les épices

Notre alimentation doit ingérer les 6 goûts. Pour y recourir plus facilement, les épices et les herbes aromatiques peuvent être un bon moyen pour les rassembler .

Les vertus thérapeutiques  des épices sont nécessaires  pour stimuler la digestion avant pendant et après le repas. Consommées en quantité infime, les épices renforcent le système immunitaire et augmentent le métabolisme. Elles peuvent être utilisées en tant que véritable remède lorsqu’elles sont prises en plus grande quantité. Dans la médecine ayurvédique, les épices sont généralement introduites au début de la cuisson et  les herbes fraîches sont ajoutées à la fin juste avant de servir. Les épices possèdent des propriétés particulières qui influent sur les Doshas.

Une alimentation déséquilibrée provoquera une altération d’agni  (le feu gastrique) et donc une mauvaise digestion de la nourriture, avec une formation de toxines (Ama).

Le cumul d’Ama provoquera la maladie, l’alimentation doit à long terme être en accord avec la constitution individuelle (Prakriti) donc avec son dosha dominant.

-Pour Vata : alimentation douce, acide, salée lui sera bénéfique. Les épices à privilégier sont l’aloès, la coriandre, la cannelle, la cardamone, le fenouil, la grenade et le réglisse. Les herbes à privilégier sont des herbes carminatives (oignons par exemple)

-Pour Pitta : une nourriture douce, astringente mais surtout amère lui sera bénéfique . Les épices à privilégier seront les mêmes que pour Vata. Les plantes à privilégier sont des plantes toniques, amères, purgatives et diurétiques.

-Pour Kapha : une nourriture aigre, astringente avec un gout piquant lui est adaptée. Les épices à privilégier sont le gingembre, la cannelle, le clou de girofle, le poivre noir, les graines de moutarde, le cumin, la cardamone et la sauge. Les plantes intéressantes pour Kapha sont des plantes diurétiques (thé vert, pissenlit, cassis).

L’ayurvéda nous parle de 13 feux, dont agni, le feu digestif est le plus important. Celui qui doit être allumé pour qu’il y ait une véritable faim au moment de manger.

Le feu digestif  est fondamental pour maintenir notre équilibre. Lorsque agni (feu digestif) est fort, il n’est en mesure de conserver que les éléments nutritifs pour éliminer le reste en tant que déchets.

Il  est important également de rappeler que agni est nécessaire pour digérer les émotions et les différentes sensations que nous percevons à travers notre corps. Cela justifie que l’intestin est belle et bien notre deuxième cerveau.

Si part ailleurs nos doshas sont équilibrés nous nous sentons plein d’énergie, satisfait, et parfaitement disponible à entreprendre nos activités quotidiennes. Si notre agni est faible nous ne sommes pas en mesure de traiter tout ce qui nous nourrit. Ceci conduit à une accumulation de toxines, que l’ayurvéda nomme « AMA ».

Ces AMAS peuvent entraver le bon fonctionnement de notre organisme sur le plan physique et psychologique. Enfin les Amas peuvent conduire à un déséquilibre des doshas menant à la maladie (un vrai cercle vicieux).

Quelques conseils pour un feu digestif sain et fort :

Éviter les boissons froides, boire des tisanes chaudes.

Absorber des petites quantités d’eau pendant les repas.

Utiliser des épices et herbes aromatiques dans votre cuisine.

Privilégier les aliments cuits

Prendre le plus gros repas de la journée au déjeuner car le corps fonctionne en synchronisation avec le rythme naturel. Agni est à son apogée quand le soleil l’est lui aussi

Prendre des repas légers le soir et se coucher 2 à 3 heures avant le coucher

Manger consciemment sans téléphone, télévision ou autres objets pouvant dissiper.

Faire une activité physique (marche, natation, yoga..), méditer.

En cuisinant selon les principes de la philosophie ayurvédique et en incorporant  les saveurs à chaque plat et en ajoutant des épices vous créez l’équilibre parfait, votre équilibre personnel.

Sources principales d’information pour la constitution de mon article : ayurvédique garden de Raphael Titina et le grand livre de l’ayurvéda de Kiran Vyas.