Le Tchai

J’ai découvert le tchai maison lors de ma formation en massage ayurvédique. Le mari de ma formatrice nous emmène un gros thermos de tchai systématiquement tous les matins. Le tchai ne peut pas mieux tomber pour la pause du matin.On se retrouve autour d’une table pour déguster notre thé et parler ayurvéda, c’est merveilleux! C’est un plaisir indescriptible! C’est à la fois réconfortant, revigorant et bien sûr convivial!

On trouve plein d’ortographe au mot tchai. J’ai choisi de l’écrire comme il faut le prononcer. En hindi tchai désigne « thé ». Le thé tchai désigne souvent un thé noir sucré mélangé avec du massala (mélange d’épices).

Le mélange d’épices est souvent composé de cardamone, gingembre, cannelle, anis étoilé, fenouil, clou de girofle et de poivre. Dans certains mélanges on peut trouver de la coriandre, de la muscade ou du cumin. Cette recette existe en de nombreuses variantes selon les régions et les traditions familiales.

Le tchai est une boisson Indienne incontournable, elle est servie très souvent en Inde. Le Lassi et le tchai sont les boissons traditionnelles de l’Inde. Elles sont servies à chaque coin de rue et même au fin fond du pays.

Le tchai peut se prendre au petit déjeuner pour stimuler notre organsime mais aussi au déjeuner pour la vitalité.

Le choix traditonnel pour déguster cette boisson est d’utiliser du thé noir ASSAM. Assam est un thé indien dont le nom désigne sa région de production.

Les bienfaits du tchai sont divers, ce qu’il faut retenir c’est qu’il est dynamisant et tonifiant. Il favorise la digestion (grâce à ses nombreuses épices) et il stimule le système immunitaire.

En médecine ayurvédique, cette boisson est considérée comme Sattvique, c‘est à dire qui équilibre et harmonise l’homme.

 

La recette:

POUR 1L ( 4 personnes)

600 mL d’eau

400 mL de lait végétal

1 c à s de thé noir ASSAM

3/4  de c à c rase de cumin

3/4 de c à c rase de gingembre (ou 8 lamelles de gingembre frais)

3/4 de c à c rase de cannelle (ou deux bâtons de cannelle)

3/4 de c à c rase de cardamone

4 clous de girofle

1 pincée de poivre

3 ou 4 cuillère à soupe de sucre roux selon les goûts ou du miel

Faite boullir dans une casserole de l’eau avec le thé et les épices  à découvert et pendant 5 minutes. Ajoutez le lait et laisser de nouveau frémir puis laissez boullir 2 à 3 minutes. Laissez infuser 5 minutes et filtrez.

Le gingembre

Le gingembre est originaire d’Asie. C’est une petite plante de la famille des Zingibéracées pouvant atteindre jusqu’à 1,50. Ces feuilles sont en forme de lance.Le rhizome est la partie consommée. Sa chair est jaune pâle, juteuse et parfumée. Elle devient de plus en plus fibreuse avec l’âge. Les rhizomes récoltés sont valables 2 à 3 mois.

Le gingembre fut l’une des premières épices orientales commercialisée dans le bassin méditerranéen.

C’est une épice très employée en cuisine :

-En Inde dans les plats de curry, il entre dans la composition du thaï

Au Japon, elle est utilisée pour rafraîchir le palais entre les bouchées de sushis

En Chine pour couvrir les odeurs et saveurs fortes comme celle des fruits de mer

L’huile essentielle de gingembre est appréciée en aromathérapie pour ses propriétés digestives, plus particulièrement pour les digestions lentes ou sujettes à la constipation.

Le gingembre a des propriétés stimulantes et toniques qui contribuent à mieux résister à la fatigue.

L’OMS reconnait cliniquement justifié l’usage du gingembre dans la prévention des nausées et des vomissements dû au mal des transports, ainsi que ceux liés à une intervention chirurgicale ou à la grossesse.

Elle reconnaît comme traditionnel son usage dans le traitement des troubles digestifs, de rhume et de grippe, de perte d’appétit, comme anti inflammatoire dans les migraines mais aussi contre les douleurs musculaires ou articulaires.

Le gingembre possède des propriétés anti oxydantes remarquables. Les antioxydants luttent dans le développement des maladies cardio-vasculaires, de certains cancers et d’autres maladies liées au vieillissement.

En cuisine et médecine ayurvédique ce rhizome est fréquemment utilisé, on le retrouve par exemple dans ce mélange:

Le TRIKATU (ou trois piquants) est une formulation ayurvédique pour les personnes ayant un feu digestif faible, il améliore le transit intestinal et réduit les brûlures d’estomac.

Il est conseillé pour les personnes de tempérament Kapha en revanche les personnes de constitutions Vata ou Pitta devront éviter.

Elle associe à part égale le gingembre, le poivre noir et le poivre long.

Le thé thaï est composé de thé noir, de poivre noir, bâton de cannelle, clou de girofle, de gingembre, cardamone et de lait. Cette boisson est considérée comme sattvique (qui apporte la joie et l’harmonie).

Plus généralement le gingembre doit être consommé frais pour les personnes de constitution Vata et Pitta car sa forme fraîche est moins piquante et moins assechante. Les personnes de constitution Kapha peuvent utiliser les deux formes.

Il sera un véritable allié pour les personnes ayant un déséquilibre de type Vata tels que les crampes abdominales, gaz et l’arthrite. L’action du gingembre est bon pour les affections Kapha tel que la toux, les rhumes, les vomissements et les nausées…

On peut aussi utiliser le gingembre sous forme d’infusion froide (entre 0,5 et 1cm) ou dans vos détox water (son action chauffante dilate les canaux et liquéfie les toxines pour une meilleure élimination), elle peut être associée à d’autres plantes douces ou rafraichissantes pour équilibrer son effet chauffant (menthe douce, fenouil, lavande, pétale de rose, pissenlit…).

Sources : Ayurvédic Garden de Raphael Titina / Ayurvéda France.org

 

Le Kitchary: le plat des yogis

Le kitchari est le plat emblématique de l’Inde. C’est la base de la cuisine indienne, ce plat est composé de céréales (riz), de légumineuses (Dahl), d’épices, de légumes et de ghee.

En ayurvéda, ce plat est souvent utilisé pour aider à la détoxification.On le retrouve régulièrement lors des repas des cures de purification « Panchakarma » et il peut être prescrit pendant un traitement ou être utilisé en convalescence après une cure. Le kitchari convient à tout le monde puisque c’est un plat respectant l’équilibre des doshas. Il peut être aussi intéressant pour apaiser ou accroître des doshas et il suffit de changer d’épices ou de légumes pour en modifier la constitution. Par exemple si vous avez un excès de Pita, il faudra utiliser des épices douces telles que le curcuma, le cumin, le fenouil etc…

Ce plat est riche en protéines et complet.Il apporte les dix acides aminés essentiels pour le bon fonctionnement de notre organisme. Son apport glucidique nourrit sans surcharger notre organisme. Il est idéal pour les végans, on peut varier les légumes en fonction des saisons et mettre les épices que l’on veut. Le kitchari peut se décliner à l’infini!

Ingrédients pour une personne :

150 gr de riz (semi complet si possible)

150 gr de légumineuses (lentilles vertes/bélugas, haricots blancs/rouges, pois cassés, pois chiches etc…

  • Pensez à faire tremper vos légumineuses la veille
  • Si vous n’avez pas le temps privilégier les lentilles corail car c’est la plus digeste et la plus rapide à cuire

Des légumes de saison (Pas plus de deux variétés) à doser en fonction de votre faim et de vos envies. Perso, je regarde tous les mois sur un calendrier les légumes de saison, ça me permet d’utiliser des légumes auxquels  je ne pense pas toujours et de privilégier l’agriculture biologique.

Cela peut être des carottes, des asperges, du chou, du brocoli, du chou fleur, des courges, des épinards, des petits pois, du poireaux….

Du ghee ou à défaut de l’huile de coco ou d’olive qui supporte très bien la cuisson.

Du gingembre fraichement râpé (environ 1cm)

Des épices: ce qui vous plaît, ce qui vous fait envie. Je peux vous donner un exemple de ce que j’utilise le plus: bien souvent j’utilise des épices douces

  • 1/2 c à c de curcuma
  • 1/2 c à c de cumin
  • 1/2 c à de curry doux
  • 1/2 c à c de graines de coriandre
  • poivre
  • gomasio

Si vous voulez un plat plus gourmand et plus riche, ajouter des fruits secs pour un mélange sucré/salé ou des graines (tournesol, sésame, pignon de pin, courge…).

Pour plus de goûts et pour multiplier les bienfaits n’oubliez pas d’ajouter des herbes aromatiques telles que la coriandre, le persil, la menthe etc… Les herbes aromatiques sont toujours à ajouter  en fin de cuisson pour préserver la qualité des aromates.

Pour mon kitchary « express » du jour j’ai utilisé du riz basmati, des lentilles corail, du butternut et des navets. En épices je n’avais pas le temps alors j’ai directement utilisé un mélange d’épices Korma (2 c à c ) à base de coriandre, cannelle, cumin, gingembre, paprika, piment doux, cardamone, ail et girofle.

Enfin, pour la gourmandise des noix de cajou et pour donner encore plus de goût j’ai utilisée des feuilles séchées d’ail des ours.

La préparation:

Dans une sauteuse (ou un wok) faite revenir les épices et le gingembre râpé avec le ghee. Introduire le riz et les lentilles (préalablement rincés) en remuant.

Ajouter deux à trois fois le volume d’eau et laisser cuire environ 20min.Vers la fin de cuisson introduire les légumes coupés en dés ou en rondelles et prolonger la cuisson jusqu’à ce que les légumes soient tendres.

Pendant la cuisson, veiller à ajouter de l’eau, le kitchary ne doit pas être sec. Il me paraît important de préciser que vous pouvez ajouter aussi beaucoup d’eau afin d’obtenir un potage. Ce mélange sous forme de potage est souvent utilisé par les curistes car la consistance liquide agit sur la satiété et l’élimination.

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kitchari butternut/navets épices Korma et ail des ours

Le curcuma

Le curcuma ou safran des Indes est une plante herbacée, vivace qui pousse dans les pays tropicaux. Mesurant de 60 cm à 1 m de hauteur, elle est robuste. La partie qui nous intéresse, c’est la racine. C’est un rhizome comme le gingembre et le galanga. Il est récolté quand les feuilles disparaissent à la saison sèche.

Originaire d’Asie, le curcuma pousse aujourd’hui un peu partout dans le monde, du moment que le sol est riche, le climat chaud et humide. La variété la plus cultivée est le Curcuma Longa.

Il y a rarement de cuisine Indienne sans curcuma, puisqu’il s’agit d’un des éléments essentiels des currys. Au-delà de la tradition culinaire, le curcuma est une plante essentielle en ayurvéda, puisque les Hindous ont étudiés depuis des millénaires  les effets de l’alimentation sur santé.

Cette épice amère et légèrement piquante se définit comme un tonique du système digestif et un bon dépuratif sanguin. Il est aussi prescrit comme antibiotique naturel, mais aussi pour lutter contre l’asthme, le diabète, l’arthrite, les brûlures, l’anémie, et les problèmes dentaires… Enfin c’est un très bon antiseptique.

Il est aussi employé à des fins esthétiques sous forme de masque. (bientôt la recette pour un masque seras disponible)

En huile essentielle l’élément principale qui est la curcumine disparaît. La curcumine est le composant thérapeutique le plus  intéressant. Ceci dit, il  lui reste d’autres composants biochimiques favorables à la bonne santé puisqu’il agit remarquablement bien sur l’immunité et le vieillissement. L’huile essentielle (HE) de curcuma possède un arôme poivré, musqué, suave et doux. En incorporant 2 ou 3 gouttes d’HE dans vos plats, vous sublimez la saveur de vos aliments et ainsi vous remplacez le sel.

Par exemple : Pomme de Terre en purée, crêpes, riz au lait, madeleines, spécialités de fruits de mer… Il est aussi  intéressant de l’associer avec du citron vert.

Les champs d’application médicaux du curcuma s’élargissent  jour après jour. C’est un antioxydant, un anti inflammatoire, un antivirale, un antibactérien et un antifongique. Il  lutte contre les problèmes hépatiques et ralentit le développement de certaines cellules cancéreuses…

Bien entendu, les doses employées en cuisine sont trop minimes pour qu’elle agisse sur l’organisme. Mais cuisiné régulièrement (ou consommé façon lait d’or !), il imprègne l’organisme à long terme et agit en prévention. La poudre de curcuma n’a aucun effet secondaire.

La curcumine est assez mal assimilée par notre organisme. Selon la qualité du curcuma, seuls 5 à 60% de la curcumine sont absorbés par la muqueuse intestinale et passent dans le sang. Heureusement, avec l’ajout de 1% de poivre, ce pourcentage augmente.

En effet, la pipérine contenue dans le poivre booste en effet l’absorption de la curcumine de 154%. Par ailleurs, l’association de corps gras (huiles de poisson, de colza) améliore elle aussi l’assimilation de la curcumine, de même que la broméline présente dans l’ananas et le gingembre. En pratique, on remarque que  la façon de préparer les plats sautés asiatiques, indiens ou vietnamiens  permet une absorption optimale.

Pour utiliser le curcuma, je vous invite à cliquer sur le lien : le lait d’or. Prochainement je vous mettrai à votre disposition  des recettes à base de curcuma. En attendant pensez à la pâte à curcuma qui peut s’introduire dans de nombreux plats assez facilement.

Je vous propose déjà une base :

– Utilisez une matière grasse (huile de coco, sésame, olive, ghee… puis  faites revenir deux oignons dans un wok, avec de l’huile, une gousse d’ail émincée, du gingembre fraichement râpé (environ 2cm), une c à c de curcuma en poudre (ou 2cm de curcuma fraichement râpé) et une pincée de poivre.

-Ajoutez un produit plutôt d’origine végétale tel que des pois chiches, des lentilles, du quinoa (cuits au préalable) ou pour ceux qui le souhaite des viandes blanches ou poissons. Entre 100 et 150g par personne.

-Puis incorporez des légumes (petits pois, haricots, verts, choux, fenouils, potiron…) ou bien du riz. Pour ceux qui aiment l’association sucrée/salée, vous pouvez mettre à la place des légumes, des fruits comme  de la mangue ou de l’ananas. Si vous souhaitez un plat encore plus complet et gourmand, ajoutez des fruits secs ou des amandes, diverses noix, cacahuètes ou noisettes…

Pour plus de saveur  des herbes aromatiques peuvent aussi être utilisées telles que la coriandre (qui se marie généralement bien), du persil ou autres.

Source : Mes petites recettes magiques au curcuma de Pascale de Lomas.

L’Asa Foetida

J’ai découvert l’asa foetida grâce à un livre  intitulé 108 CHAKRA SOUPES, de l’auteur Helen Margaret Giovanello (enseignante de Yoga Iyengar et passionnée d’ayurvéda).

L’asa foetida ou Hing en Hindi est une résine séchée originaire d’Asie. Cette épice est extraite des rhizomes de Ferula Asoefetida  (ou férule persique).C’est une plante qui appartient à la famille des Ombellifères (ou apiacées) au même titre que la carotte et le fenouil.

Cette plante peut mesurer jusqu’à 3 m de haut. Juste avant la floraison le Ferula Asoefetida est coupée à la base de la tige. La tige et ses racines sécrètent un latex qui en séchant donne l’asa foetida.

L’asa foetida passe du rose au brun-rouge en s’oxydant. On obtient des blocs de résines sombres, collants et souples. La plupart du temps cette résine est réduite en poudre. Sa saveur est très forte c’est pourquoi on l’utilise coupée avec de la farine de riz (ou de blé mais de préférence de riz). L’épice est commercialisée essentiellement sous la forme d’une poudre renfermant 30% de résine diluée avec de la farine et de la gomme arabique.

Elle est très utilisée dans la cuisine indienne. Une fois cuite l’asa foetida donne une odeur similaire à l’oignon et l’ail. Mais avant cuisson elle a une odeur très désagréable .On la même surnommée « crotte de diable », c’est pourquoi elle est souvent cuite. Une toute petite pincée suffit pour agrémenter les plats car sa saveur est piquante.

En Inde, dans la cuisine, elle parfume les plats des brahmanes (Personnes qui appartiennent à la caste supérieure, celle qui dans l’espèce humaine serait le plus proche de Brahmâ le dieu créateur. Pour les brahmanes l’oignon et l’ail sont interdits car ils sont considérés comme impurs. Les Jaïns eux (Personnes dont la religion est née en Inde vers le 6è siècle) ne consomment aucun produit animal sauf le lait ni les racines comme la carotte. Ils utilisent  souvent l’asa foetida pour rehausser le goût des soupes. Cette épice facilite la digestion des légumineuses dès lors elle est souvent employée dans les dahls (plat typique en Inde bien souvent à base de lentilles).

Elle est souvent associée avec le gingembre et des graines de fenugrec. C’est l’un des ingrédients essentiels de la sauce Worcestershire.

Par ailleurs elle est beaucoup utilisée en homéopathie (ex : l 72 des laboratoires Lehning). Elle est utilisée comme aphrodisiaque et elle sert pour des rituels  qui visent à soigner les maladies mentales. Enfin l’asa foetida entre dans la composition de mélanges d’encens destinées à faciliter le désenvoutement.

Rentrons, dans le vif du sujet, ce qui m’intéresse le plus pour ma part c’est son utilisation en Ayurvéda. Elle est considérée comme l’une des meilleures épices pour les déséquilibres Vata. En revanche, elle est déconseillée pour les individus de tempérament Pitta.

Elle est utilisée pour les problèmes respiratoires comme la bronchite mais aussi pour lutter contre l’asthme. C’est une excellente aide pour la digestion et pour lutter contre les flatulences.

Les grands principes de la cuisine ayurvédique

« Quand la façon de te nourrir est inadaptée, la médecine ne peut rien. Quand l’alimentation est correcte la médecine est inutile. » Ancien proverbe ayurvédique

L’ayurvéda donne les clés du bien être, principalement à travers la manière dont on s’alimente. Il paraît important que je vous précise les grandes règles de la cuisine ayurvédique afin que vous puissiez vous en inspirer.  Si vous aspirez à vivre de manière cohérente avec vos objectifs, il est bon de savoir quels gestes favorisent ce souhait. Pour cela, il est important de connaître le fonctionnement de cette « science de la vie » afin de  mieux cerner vos besoins. Je suis actuellement en pleine recherche pour trouver un équilibre dans mon corps et dans mon esprit. Je reste certaine que la solution est avant tout en moi. Si je donne un sens nouveau à ma façon de vivre, au quotidien par l’ayurvéda, je vais trouver le juste milieu !  Je pense qu’on peut être bien dans son corps et dans son esprit en revoyant tout simplement les gestes simples de notre quotidien. Ces règles peuvent aussi s’appliquer momentanément, ainsi,  je vous invite à faire la différence entre  avant et après une cure ayurvédique. Cette « cure » sera tellement bénéfique !

L’ayurvéda est puissamment logique.Ce que nous mangeons modifie qui nous sommes, notre énergie et notre capacité à réagir positivement ! Ainsi trouver un équilibre dans son alimentation en fonction de son profil personnel et le début d’une vie plus sereine !

En ayurvéda, la pureté et la provenance des aliments ainsi que le respect accordé à la préparation de la nourriture sont  fondamentaux.

Le principe de la diététique en ayurvéda est principalement de respecter un équilibre.

  • Équilibre des couleurs : essayer d’avoir des couleurs vertes et jaunes dans votre assiette. Cela peut se faire avec des salades, des légumes verts, des currys, du curcuma.
  • Équilibre des 6 goûts (rasa), à chaque repas il faut consommer les 6 saveurs. La notion de rasa va englober la saveur d’un aliment mais aussi les effets subtils qui vont engendrer à la suite  la perception de cette saveur par notre cerveau.

 

Doux : eau +terre correspond aux qualités de KAPHA. Le doux a une énergie (Virya) rafraichissante. C’est le plus nutritif de tous les goûts. Il nourrit notre plasma sanguin et nos tissus mais permet aussi d’entrer en contact avec notre corps, de nous poser, et de profiter plus simplement de la vie. Les aliments doux favorisent la fertilité, mais trop de douceur ramollit l’organisme et peut conduire à l’obésité et au diabète.

EX : céréales complètes, pâtes, pain, riz, graines, noix, certains fruits et légumes comme le potiron.

Acide : eau + terre correspond principalement au dosha de PITTA. L’’acide a une énergie réchauffante. La consommation de nourriture acide accroit l’appétit, la sécrétion de salive et de sucs gastriques. Elle favorise la vivacité d’esprit ainsi que la clarté des pensées et des émotions. Toutefois, un excès peut irriter le système digestif, favoriser les courbatures et les crampes, provoquer des inflammations et des maladies du sang ou encore réduire la fertilité.

EX : Produits laitiers, fruits acides (agrumes, baies, prune, fruits de la passion), certains légumes (tomates, épinards, blettes, rhubarbe, cornichons, alcool (vins, bières…) etc.…

Salé : Terre + Feu correspond principalement au dosha de KAPHA, son énergie est réchauffante. Il apporte la fermeté et la structure en favorisant la stabilité. Le sel est un exhausteur de goût. Un excès peut emprisonner le sang et provoquer des maladies cutanées. Le sel raffiné (blanc), dépourvu de minéraux naturels favorisent la rétention des fluides dans le corps et tonifie les glandes surrénales, la thyroïde, les reins et la prostate.

EX : sel d’Himalaya, sel gemme, sel de Guérande…

Piquant : feu+air correspond principalement au dosha VATA, son énergie est réchauffante. Il favorise la digestion et permet de bruler les toxines. La nourriture piquante a de grandes vertus thérapeutiques. Elle améliore la respiration et la concentration et  stimule l’activité cérébrale. Une alimentation trop piquante peut être la cause d’insomnie, d’instabilité émotionnelle, d’instabilité et  favoriser les inflammations.

EX : épices, oignons, chou de Bruxelles, gingembre, moutarde

Amer : air + éther correspond principalement au dosha VATA, son énergie est rafraîchissante. C’est un goût asséchant qui provoque un effet vivifiant purifiant. Il a un impact très favorable sur les personnes souffrant d’un excès de Kapha. La nourriture amer  accélère le rythme métabolique,  favorise la digestion et purifie l’esprit. Un excès peut influencer les émotions en accentuant le sentiment de tristesse.

Ex : légumes à feuilles vertes, thé etc.…

Astringent : air+terre correspond principalement au dosha VATA, son énergie est rafraichissante. Ce goût à la particularité d’être asséchant et contractant. C’est pourquoi comme l’amer il a un impact très favorable sur les personnes souffrant d’un excès de Kapha. Il exerce également un effet dépuratif et fortifiant sur l’esprit en permettant de rassembler ses pensées et de se recentrer. Les fruits astringents sont souvent utiliser pour nettoyer les fluides et permettent ainsi de lutter contre la chute des cheveux et régénérer  la peau et les tissus nerveux.

EX : concombre, aubergine, laitue, champignons, fruits (pommes, baies, raisins, poires)…

Si vous êtes en bonne santé, l’ayurvéda recommande d’intégrer les 6 goûts dans votre assiette. Il permet de rentrer en contact avec les 5 éléments présents dans les organes de notre corps comme dans toute la nature. Le but de la médecine ayurvédique est de rétablir un équilibre doshique qui a pu être perturbé par de nombreuses causes, notamment des charges émotionnelles et des erreurs dans la façon de s’alimenter. Il faut s’alimenter en fonction de son équilibre doshique de naissance (celui qui prédomine dans sa constitution) et celui qui est susceptible d’augmenter au cours de notre vie en veillant à ne pas tomber dans l’excès. Les goûts assurent une bonne digestion, une absorption optimale, ainsi que la satisfaction de nos papilles.

  • Le troisième équilibre concerne les 3 gunas (sattva, raja et tama) [voir article sur les gunas]

Certains aliments comme les fruits biologiques correctement mûris, les graines germées ou les jeunes pousses, sont des aliments sattviques et nous apporte la lumière quand on les consomme. D’autres aliments nous donnent plutôt de l’énergie, comme les céréales et les légumes ce sont les aliments rajasiques. Il existe enfin des aliments comme les plats cuisinés qui sont souvent trop gras, avec des sauces trop lourdes à digérer. Ce type d’aliments est plutôt du genre tamasique et il est préférable d’en limiter la consommation et de les éviter au maximum.

La théorie de l’ayurvéda nous parle des dhatus, les tissus conjonctifs du corps physiques, dont le premier est rasa le jus nourricier. Ce rasa doit être de la plus haute qualité possible du point de vue de sattva, rajas et tama, des 6 goûts et de la qualité des couleurs.

Les épices

Notre alimentation doit ingérer les 6 goûts. Pour y recourir plus facilement, les épices et les herbes aromatiques peuvent être un bon moyen pour les rassembler .

Les vertus thérapeutiques  des épices sont nécessaires  pour stimuler la digestion avant pendant et après le repas. Consommées en quantité infime, les épices renforcent le système immunitaire et augmentent le métabolisme. Elles peuvent être utilisées en tant que véritable remède lorsqu’elles sont prises en plus grande quantité. Dans la médecine ayurvédique, les épices sont généralement introduites au début de la cuisson et  les herbes fraîches sont ajoutées à la fin juste avant de servir. Les épices possèdent des propriétés particulières qui influent sur les Doshas.

Une alimentation déséquilibrée provoquera une altération d’agni  (le feu gastrique) et donc une mauvaise digestion de la nourriture, avec une formation de toxines (Ama).

Le cumul d’Ama provoquera la maladie, l’alimentation doit à long terme être en accord avec la constitution individuelle (Prakriti) donc avec son dosha dominant.

-Pour Vata : alimentation douce, acide, salée lui sera bénéfique. Les épices à privilégier sont l’aloès, la coriandre, la cannelle, la cardamone, le fenouil, la grenade et le réglisse. Les herbes à privilégier sont des herbes carminatives (oignons par exemple)

-Pour Pitta : une nourriture douce, astringente mais surtout amère lui sera bénéfique . Les épices à privilégier seront les mêmes que pour Vata. Les plantes à privilégier sont des plantes toniques, amères, purgatives et diurétiques.

-Pour Kapha : une nourriture aigre, astringente avec un gout piquant lui est adaptée. Les épices à privilégier sont le gingembre, la cannelle, le clou de girofle, le poivre noir, les graines de moutarde, le cumin, la cardamone et la sauge. Les plantes intéressantes pour Kapha sont des plantes diurétiques (thé vert, pissenlit, cassis).

L’ayurvéda nous parle de 13 feux, dont agni, le feu digestif est le plus important. Celui qui doit être allumé pour qu’il y ait une véritable faim au moment de manger.

Le feu digestif  est fondamental pour maintenir notre équilibre. Lorsque agni (feu digestif) est fort, il n’est en mesure de conserver que les éléments nutritifs pour éliminer le reste en tant que déchets.

Il  est important également de rappeler que agni est nécessaire pour digérer les émotions et les différentes sensations que nous percevons à travers notre corps. Cela justifie que l’intestin est belle et bien notre deuxième cerveau.

Si part ailleurs nos doshas sont équilibrés nous nous sentons plein d’énergie, satisfait, et parfaitement disponible à entreprendre nos activités quotidiennes. Si notre agni est faible nous ne sommes pas en mesure de traiter tout ce qui nous nourrit. Ceci conduit à une accumulation de toxines, que l’ayurvéda nomme « AMA ».

Ces AMAS peuvent entraver le bon fonctionnement de notre organisme sur le plan physique et psychologique. Enfin les Amas peuvent conduire à un déséquilibre des doshas menant à la maladie (un vrai cercle vicieux).

Quelques conseils pour un feu digestif sain et fort :

Éviter les boissons froides, boire des tisanes chaudes.

Absorber des petites quantités d’eau pendant les repas.

Utiliser des épices et herbes aromatiques dans votre cuisine.

Privilégier les aliments cuits

Prendre le plus gros repas de la journée au déjeuner car le corps fonctionne en synchronisation avec le rythme naturel. Agni est à son apogée quand le soleil l’est lui aussi

Prendre des repas légers le soir et se coucher 2 à 3 heures avant le coucher

Manger consciemment sans téléphone, télévision ou autres objets pouvant dissiper.

Faire une activité physique (marche, natation, yoga..), méditer.

En cuisinant selon les principes de la philosophie ayurvédique et en incorporant  les saveurs à chaque plat et en ajoutant des épices vous créez l’équilibre parfait, votre équilibre personnel.

Sources principales d’information pour la constitution de mon article : ayurvédique garden de Raphael Titina et le grand livre de l’ayurvéda de Kiran Vyas.

La potion magique des yogis: Le lait d’or

Le curcuma également appelé épice de la vie a plus de 150 bénéfices thérapeutiques. Cette épice contient des propriétés anti-oxydant reconnus et elle est souvent utilisée dans la cuisine ayurvédique. C’est grâce à la présence de curcuminoïdes qu’on obtient le pigment jaune à l’origine de sa couleur. Si on ajoute une pincée de poivre noir, la pipérine (contenu dans la poivre) augmente l’absorption des curcuminoïdes. Ce mélange d’épices optimisent l’efficacité du curcuma.
Voici quelques exemples des bienfaits du curcuma, si vous êtes comme moi à vouloir prendre votre santé en main, vous aurez une envie irrépressible de vous faire un lait d’or.
-Grâce à des propriétés anti-oxydant, les curcuminoïdes permettent de lutter contre les radicaux libres responsables du stress oxydatif. A plus long terme, ils participent à prévenir l’apparition de certains cancers.
-Ils protégeraient la muqueuse de l’estomac contre les bactéries hélicobacter pilori responsable de l’augmentation du risque du cancer de l’estomac.
-Des études épidémiologiques montrent un effet sur certains cancers (colon, sein, prostate et poumon). En laboratoire plusieurs études ont montrés qu’en stimulant l’autodestruction des cellules cancéreuses, le curcuma inhibe la progression tumorale dans l’organisme.
-La prise alimentaire de curcuma permettrait de stimuler la digestion grâce à une augmentation des sécrétions biliaires. L’OMS a reconnu l’efficacité des racines de curcuma pour traiter la dyspepsie (maux d’estomac, nausées, perte d’appétit).
-Il agit également sur la peau (combat l’exéma et les peaux sèches).
-Enfin il réduit l’inflammation du poumon, régénère des cellules hépatiques, réduit les inflammations articulaires, les douleurs musculaires, tendinites, névralgies et sciatiques. C’est l’anti inflammatoire naturel le plus connu à ce jour.
La recette pour une pâte de curcuma :
Pour commencer cela il faut :
¼ de tasse de curcuma en poudre
½ c à c de poivre noir
½ tasse d’eau (125mL)
Mettre tous les ingrédients dans une petite casserole, faire cuire à feu doux en remuant constamment jusqu’à l’obtention d’une pâte lisse. La pâte se conserve 1 mois au réfrigérateur dans un pot en verre.
Pour ma part j’utilise également cette pâte de curcuma dans mes plats. Bien souvent je rajoute cette pâte dans mes soupes ou dans mes petits plats faits au wok.

Pour le lait d’or :
½ tasse de lait végétal
1 c à c d’huile de coco
1 c à c de sirop d’érable ou de miel (si le goût vous semble trop épicé ça va atténuer un peu les épices)
Faire chauffer 1 à 2 minutes. Il peut se déguster chaud ou tiède. L’ajout d’huile de coco améliore l’absorption de la curcumine.
Je vous conseille de boire ce lait sous forme de cure pendant deux à trois semaines pendant les périodes hivernales.
Cette boisson est prônée par Yogi Bhajan, grand maître et enseignant de Kundalini yoga. En occident de nombreux yogis en font leur potion quotidienne pour les milles et une vertu qu’elle apporte.

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