Le Kitchary: le plat des yogis

Le kitchari est le plat emblématique de l’Inde. C’est la base de la cuisine indienne, ce plat est composé de céréales (riz), de légumineuses (Dahl), d’épices, de légumes et de ghee.

En ayurvéda, ce plat est souvent utilisé pour aider à la détoxification.On le retrouve régulièrement lors des repas des cures de purification « Panchakarma » et il peut être prescrit pendant un traitement ou être utilisé en convalescence après une cure. Le kitchari convient à tout le monde puisque c’est un plat respectant l’équilibre des doshas. Il peut être aussi intéressant pour apaiser ou accroître des doshas et il suffit de changer d’épices ou de légumes pour en modifier la constitution. Par exemple si vous avez un excès de Pita, il faudra utiliser des épices douces telles que le curcuma, le cumin, le fenouil etc…

Ce plat est riche en protéines et complet.Il apporte les dix acides aminés essentiels pour le bon fonctionnement de notre organisme. Son apport glucidique nourrit sans surcharger notre organisme. Il est idéal pour les végans, on peut varier les légumes en fonction des saisons et mettre les épices que l’on veut. Le kitchari peut se décliner à l’infini!

Ingrédients pour une personne :

150 gr de riz (semi complet si possible)

150 gr de légumineuses (lentilles vertes/bélugas, haricots blancs/rouges, pois cassés, pois chiches etc…

  • Pensez à faire tremper vos légumineuses la veille
  • Si vous n’avez pas le temps privilégier les lentilles corail car c’est la plus digeste et la plus rapide à cuire

Des légumes de saison (Pas plus de deux variétés) à doser en fonction de votre faim et de vos envies. Perso, je regarde tous les mois sur un calendrier les légumes de saison, ça me permet d’utiliser des légumes auxquels  je ne pense pas toujours et de privilégier l’agriculture biologique.

Cela peut être des carottes, des asperges, du chou, du brocoli, du chou fleur, des courges, des épinards, des petits pois, du poireaux….

Du ghee ou à défaut de l’huile de coco ou d’olive qui supporte très bien la cuisson.

Du gingembre fraichement râpé (environ 1cm)

Des épices: ce qui vous plaît, ce qui vous fait envie. Je peux vous donner un exemple de ce que j’utilise le plus: bien souvent j’utilise des épices douces

  • 1/2 c à c de curcuma
  • 1/2 c à c de cumin
  • 1/2 c à de curry doux
  • 1/2 c à c de graines de coriandre
  • poivre
  • gomasio

Si vous voulez un plat plus gourmand et plus riche, ajouter des fruits secs pour un mélange sucré/salé ou des graines (tournesol, sésame, pignon de pin, courge…).

Pour plus de goûts et pour multiplier les bienfaits n’oubliez pas d’ajouter des herbes aromatiques telles que la coriandre, le persil, la menthe etc… Les herbes aromatiques sont toujours à ajouter  en fin de cuisson pour préserver la qualité des aromates.

Pour mon kitchary « express » du jour j’ai utilisé du riz basmati, des lentilles corail, du butternut et des navets. En épices je n’avais pas le temps alors j’ai directement utilisé un mélange d’épices Korma (2 c à c ) à base de coriandre, cannelle, cumin, gingembre, paprika, piment doux, cardamone, ail et girofle.

Enfin, pour la gourmandise des noix de cajou et pour donner encore plus de goût j’ai utilisée des feuilles séchées d’ail des ours.

La préparation:

Dans une sauteuse (ou un wok) faite revenir les épices et le gingembre râpé avec le ghee. Introduire le riz et les lentilles (préalablement rincés) en remuant.

Ajouter deux à trois fois le volume d’eau et laisser cuire environ 20min.Vers la fin de cuisson introduire les légumes coupés en dés ou en rondelles et prolonger la cuisson jusqu’à ce que les légumes soient tendres.

Pendant la cuisson, veiller à ajouter de l’eau, le kitchary ne doit pas être sec. Il me paraît important de préciser que vous pouvez ajouter aussi beaucoup d’eau afin d’obtenir un potage. Ce mélange sous forme de potage est souvent utilisé par les curistes car la consistance liquide agit sur la satiété et l’élimination.

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kitchari butternut/navets épices Korma et ail des ours

Le ghee

L e ghee ou beurre clarifié est un produit incontournable en Inde. Selon les principes ayurvédique, le ghee authentique ne peut être obtenu qu’en cuisant le beurre très lentement.  Au cours de la cuisson, l’eau, le lactose et les protéines de lait sont éliminés. Ce qui subsiste est essentiellement une combinaison de matières grasses, pures, sans aucun résidu de lait. Le ghee donne un léger goût de noix. Ce beurre clarifié n’a pas besoin d’être réfrigéré.  Il peut se conserver des mois, voire des années, ce qui explique pourquoi il a connu une très grande popularité avant les temps modernes. Le ghee est plus ou moins solide selon la température ambiante (comme l’huile de coco).

L’ayurvéda en fait un produit phare pour ses propriétés anti-pitta. Il est beaucoup utilisé en  cuisine mais aussi pour certains massages ayurvédiques.

L’huile de sésame, de coco et d’olive sont utilisées en cuisine ayurvédique car elles fournissent une bonne combinaison d’acide gras, en revanche les huiles végétales comme le colza, le tournesol et le soja sont moins utilisées. Ces dernières ne sont pas recommandées pour cuire ou rôtir des aliments puisqu’ elles s’oxydent rapidement et ne supporte pas la chaleur.

L’huile de coco, de sésame et d’olive comme le ghee est particulièrement stable à la chaleur, ce qui en fait une huile idéale à la cuisson.

Le ghee est connu et utilisé pour ses nombreuses vertus:

C’est le meilleur corps gras pour la cuisson. Le ghee est composé principalement d’acides gras saturés à courte chaîne.

L’ayurvéda considère le ghee comme un rasayana, c’est-à-dire un aliment donnant jeunesse et longévité.

Il est plus digeste que toutes autres huiles végétales et se révèlent très utile pour les personnes intolérantes au lactose.

Le ghee ne devient pas rance, ne s’oxyde pas et ne forme donc pas de radicaux libres dans les cellules.

Purifiant et désinfectant, il absorbe et chasse les toxines.

Il renforce le système immunitaire.

Le ghee améliore la mémoire et fournit des lipides pour la réparation des cellules.

Il contient des vitamines A, B3, D, E et, ainsi que divers minéraux (sodium, calcium, phosphore, magnésium et fer)

On peut l’utiliser en traitement externe pour hydrater les peaux sèches.

Un léger massage de la plante des pieds avec du ghee avant de se coucher aide à s’endormir et réduit la nervosité.

Il refroidit pitta, calme Vata et augmente Kapha.

 

La recette :

Faire fondre 500g de beurre à feu doux pendant 15 à 20 min dans une grande casserole. Remuez avec une cuillère en bois. Enlever la mousse blanche qui se forme à la surface. Lorsqu’ en remuant, vous apercevez des petits bruns au fond de la casserole, arrêtez la cuisson. Filtrez la préparation avec une passoire très fine et versez-la dans un récipient hermétique.

 

Ojas: élixir de vie

Selon l’ayurvéda, il y a dans le corps humain sept tissus qui dépendent eux même les uns des autres. Sous l’impulsion du feu digestif (Agni), un processus nourrissant va permettre à chaque tissu (dhatu) de créer le tissu suivant. Ce tissu va se nourrir lui-même et va en évacuer des sous-produits qui vont alimenter également le suivant. Chaque dhatu est donc dépendant de l’autre et plus on va avancer dans les couches de tissu plus ces derniers vont être subtils.

Le tissu le plus subtil qu’on va trouver dans le corps humain est appelé Ojas. C’est le sous-produit de la digestion et il joue un rôle majeur dans le maintien et le développement de toute la physiologie.

Ojas c’est l’élixir de vie, c’est l’essence de tous les tissus. Ojas est présent dans l’élaboration du premier tissu. Il devient de plus en plus subtil en parcourant les autres tissus, c’est alors l’expression de l’intelligence du corps et il peut communiquer avec les états de conscience supérieure.

Une grande quantité d’Ojas qui se déplace librement dans la physiologie de l’être humain apporte un équilibre des doshas, une bonne vitalité, de l’énergie et une bonne conscience supérieure. Plus le feu digestif est fort, plus Ojas passe dans les tissus et plus nous nous sentons bien.

En cas d’exercice excessif, de surexposition au vent et au soleil et de blessures ou de traumatismes du corps, la production d’Ojas diminue. Il y a aussi certaines émotions comme la peur, la haine, la colère, mais aussi la maladie qui entraîne le déclin d’Ojas.

Par rapport à l’alimentation, Ojas diminue lorsque l’on grignote,  après un repas trop lourd le soir, un jeûne, une activité physique trop proche du repas,  la consommation d’aliments gras, de fromages à pâtes dures, d’une alimentation animale, industriels ou encore les aliments aigres.

Je vais vous donner des conseils pour améliorer votre Ojas :

-une médiation (agit comme un puissant générateur)

-un coucher avant 22h

– un auto massage quotidien à l’huile sésame

-une marche tôt, un exercice modéré

alimentation : favoriser les avocats, grenade, ghee, lassi, fruits doux de saison, amandes, dattes, lait, miel, riz, asperges et légumes verts.

-une cure de panchakarma permet à Ojas de circuler plus facilement dans toutes les parties du corps.

Selon l’ayurvéda, les signes qui montrent qu’Ojas circulent convenablement sont :

  • Se sentir frais au réveil
  • Avoir une peau rayonnante
  • Avoir la langue claire et rose
  • Avoir un sentiment de légèreté
  • Être centré toute la journée
  • Avoir un bon feu digestif
  • Être énergique et enthousiasme
  • Avoir un esprit clair
  • Avoir une odeur corporelle agréable
  • Être rarement malade

 

On pourrait qualifier les amas (déchets) comme étant une barrière au bon fonctionnement d’Ojas. Car les amas obstruent les passages dans l’organisme, perturbent les transformations chimiques, oxydent les nutriments et les cellules et encombrent la libre circulation des fluides du corps.

Les amas signifient déchets ou toxines en ayurvéda. Les amas, ce sont les toxines et les nutriments qui n’ont pas été métabolisés correctement et qui nuisent à la santé des tissus et au bon fonctionnement des organes.

Les amas ralentissent le feu digestif entraînant un ralentissement du métabolisme et diminuent alors Ojas.

Les signes qui montrent des amas dans le corps sont les suivants :

  • Une mauvaise haleine
  • Une langue chargée
  • Un Appétit faible
  • Une digestion difficile
  • Une faible élimination : constipations, ballonnements ou diarrhées
  • Des douleurs généralisées
  • Une fatigue, sensation de lourdeur, lassitude et peu d’endurance
  • Une tendance à la dépression
  • Une susceptibilité aux infections
  • Urine trouble, foncée et visqueuse

Pour avoir une santé qui rayonne, un ojas qui s’anime et avoir un ama inexistant,  il faut adopter un mode de vie plus sain. Cela me semble déjà un bon début. Je suis convaincue que c’est en adoptant une bonne hygiène de vie avec de bons rituels quotidiens que l’on préserve notre santé et que l’on agit en terme de prévention pour limiter l’apparition de maladie.

L’ayurvéda nous indique une des voies pour y arriver et comme vous avez pu le remarquer si vous me lisez depuis quelques temps, finalement on peut toujours conclure que c’est vraiment en faisant preuve de bon sens qu’on maintient une bonne santé générale !

Voici quelques conseils pour vaincre ces amas dans le corps et faire rayonner notre soleil intérieur !

  • Régulariser et fortifier Agni (le feu digestif) pour cela il faut :

Doser les nourritures selon les limites de l’appétit, l’ayurvéda préconise 1/3 de nourriture, 1/3 de liquides et le dernier doit rester vide.

Manger quotidiennement des aliments riches en antioxydants tels que les fruits et les légumes ainsi que les épices comme la coriandre, le curcuma, le poivre et la cannelle.

Consommer plus de fibres dans l’alimentation pour favoriser l’élimination des toxines.

  • Eliminer les sources potentielles de métaux lourds comme les pesticides et les engrais chimiques présents dans les conserves et l’agriculture conventionnelle.
  • Maintenir l’équilibre acido-basique dans l’organisme en réduisant les sources d’acidité.
  • Renforcer le foie en l’aidant dans sa fonction en consommant des salades amères telles que la roquette, la chicorée et le radicchio ainsi qu’en utilisant des suppléments naturels à base de plantes toniques comme le chardon marie, la bardane, le pissenlit, l’achillée, le neem, l’artichaut…
  • Aider le rein à nettoyer l’organisme en consommant des légumes verts et autres aliments riches en minéraux ainsi qu’en utilisant des éléments naturels à base de plantes toniques comme l’ortie, l’aigremoine, le tribulus, le guduchi…

Cette liste peut être complétée et  nous avons vu quelques éléments. Si vous voulez vous lancer je vous conseille d’aller voir en amont un spécialiste en santé naturelle.

Une cure de Panchakarma est une des techniques de désintoxication purifiantes proposées en Ayurvéda. Cette cure peut être vu par certains comme drastique cependant pour éliminer les toxines de longues dates elle peut se révéler très bénéfiques.

Le curcuma

Le curcuma ou safran des Indes est une plante herbacée, vivace qui pousse dans les pays tropicaux. Mesurant de 60 cm à 1 m de hauteur, elle est robuste. La partie qui nous intéresse, c’est la racine. C’est un rhizome comme le gingembre et le galanga. Il est récolté quand les feuilles disparaissent à la saison sèche.

Originaire d’Asie, le curcuma pousse aujourd’hui un peu partout dans le monde, du moment que le sol est riche, le climat chaud et humide. La variété la plus cultivée est le Curcuma Longa.

Il y a rarement de cuisine Indienne sans curcuma, puisqu’il s’agit d’un des éléments essentiels des currys. Au-delà de la tradition culinaire, le curcuma est une plante essentielle en ayurvéda, puisque les Hindous ont étudiés depuis des millénaires  les effets de l’alimentation sur santé.

Cette épice amère et légèrement piquante se définit comme un tonique du système digestif et un bon dépuratif sanguin. Il est aussi prescrit comme antibiotique naturel, mais aussi pour lutter contre l’asthme, le diabète, l’arthrite, les brûlures, l’anémie, et les problèmes dentaires… Enfin c’est un très bon antiseptique.

Il est aussi employé à des fins esthétiques sous forme de masque. (bientôt la recette pour un masque seras disponible)

En huile essentielle l’élément principale qui est la curcumine disparaît. La curcumine est le composant thérapeutique le plus  intéressant. Ceci dit, il  lui reste d’autres composants biochimiques favorables à la bonne santé puisqu’il agit remarquablement bien sur l’immunité et le vieillissement. L’huile essentielle (HE) de curcuma possède un arôme poivré, musqué, suave et doux. En incorporant 2 ou 3 gouttes d’HE dans vos plats, vous sublimez la saveur de vos aliments et ainsi vous remplacez le sel.

Par exemple : Pomme de Terre en purée, crêpes, riz au lait, madeleines, spécialités de fruits de mer… Il est aussi  intéressant de l’associer avec du citron vert.

Les champs d’application médicaux du curcuma s’élargissent  jour après jour. C’est un antioxydant, un anti inflammatoire, un antivirale, un antibactérien et un antifongique. Il  lutte contre les problèmes hépatiques et ralentit le développement de certaines cellules cancéreuses…

Bien entendu, les doses employées en cuisine sont trop minimes pour qu’elle agisse sur l’organisme. Mais cuisiné régulièrement (ou consommé façon lait d’or !), il imprègne l’organisme à long terme et agit en prévention. La poudre de curcuma n’a aucun effet secondaire.

La curcumine est assez mal assimilée par notre organisme. Selon la qualité du curcuma, seuls 5 à 60% de la curcumine sont absorbés par la muqueuse intestinale et passent dans le sang. Heureusement, avec l’ajout de 1% de poivre, ce pourcentage augmente.

En effet, la pipérine contenue dans le poivre booste en effet l’absorption de la curcumine de 154%. Par ailleurs, l’association de corps gras (huiles de poisson, de colza) améliore elle aussi l’assimilation de la curcumine, de même que la broméline présente dans l’ananas et le gingembre. En pratique, on remarque que  la façon de préparer les plats sautés asiatiques, indiens ou vietnamiens  permet une absorption optimale.

Pour utiliser le curcuma, je vous invite à cliquer sur le lien : le lait d’or. Prochainement je vous mettrai à votre disposition  des recettes à base de curcuma. En attendant pensez à la pâte à curcuma qui peut s’introduire dans de nombreux plats assez facilement.

Je vous propose déjà une base :

– Utilisez une matière grasse (huile de coco, sésame, olive, ghee… puis  faites revenir deux oignons dans un wok, avec de l’huile, une gousse d’ail émincée, du gingembre fraichement râpé (environ 2cm), une c à c de curcuma en poudre (ou 2cm de curcuma fraichement râpé) et une pincée de poivre.

-Ajoutez un produit plutôt d’origine végétale tel que des pois chiches, des lentilles, du quinoa (cuits au préalable) ou pour ceux qui le souhaite des viandes blanches ou poissons. Entre 100 et 150g par personne.

-Puis incorporez des légumes (petits pois, haricots, verts, choux, fenouils, potiron…) ou bien du riz. Pour ceux qui aiment l’association sucrée/salée, vous pouvez mettre à la place des légumes, des fruits comme  de la mangue ou de l’ananas. Si vous souhaitez un plat encore plus complet et gourmand, ajoutez des fruits secs ou des amandes, diverses noix, cacahuètes ou noisettes…

Pour plus de saveur  des herbes aromatiques peuvent aussi être utilisées telles que la coriandre (qui se marie généralement bien), du persil ou autres.

Source : Mes petites recettes magiques au curcuma de Pascale de Lomas.

Les grands principes de la cuisine ayurvédique

« Quand la façon de te nourrir est inadaptée, la médecine ne peut rien. Quand l’alimentation est correcte la médecine est inutile. » Ancien proverbe ayurvédique

L’ayurvéda donne les clés du bien être, principalement à travers la manière dont on s’alimente. Il paraît important que je vous précise les grandes règles de la cuisine ayurvédique afin que vous puissiez vous en inspirer.  Si vous aspirez à vivre de manière cohérente avec vos objectifs, il est bon de savoir quels gestes favorisent ce souhait. Pour cela, il est important de connaître le fonctionnement de cette « science de la vie » afin de  mieux cerner vos besoins. Je suis actuellement en pleine recherche pour trouver un équilibre dans mon corps et dans mon esprit. Je reste certaine que la solution est avant tout en moi. Si je donne un sens nouveau à ma façon de vivre, au quotidien par l’ayurvéda, je vais trouver le juste milieu !  Je pense qu’on peut être bien dans son corps et dans son esprit en revoyant tout simplement les gestes simples de notre quotidien. Ces règles peuvent aussi s’appliquer momentanément, ainsi,  je vous invite à faire la différence entre  avant et après une cure ayurvédique. Cette « cure » sera tellement bénéfique !

L’ayurvéda est puissamment logique.Ce que nous mangeons modifie qui nous sommes, notre énergie et notre capacité à réagir positivement ! Ainsi trouver un équilibre dans son alimentation en fonction de son profil personnel et le début d’une vie plus sereine !

En ayurvéda, la pureté et la provenance des aliments ainsi que le respect accordé à la préparation de la nourriture sont  fondamentaux.

Le principe de la diététique en ayurvéda est principalement de respecter un équilibre.

  • Équilibre des couleurs : essayer d’avoir des couleurs vertes et jaunes dans votre assiette. Cela peut se faire avec des salades, des légumes verts, des currys, du curcuma.
  • Équilibre des 6 goûts (rasa), à chaque repas il faut consommer les 6 saveurs. La notion de rasa va englober la saveur d’un aliment mais aussi les effets subtils qui vont engendrer à la suite  la perception de cette saveur par notre cerveau.

 

Doux : eau +terre correspond aux qualités de KAPHA. Le doux a une énergie (Virya) rafraichissante. C’est le plus nutritif de tous les goûts. Il nourrit notre plasma sanguin et nos tissus mais permet aussi d’entrer en contact avec notre corps, de nous poser, et de profiter plus simplement de la vie. Les aliments doux favorisent la fertilité, mais trop de douceur ramollit l’organisme et peut conduire à l’obésité et au diabète.

EX : céréales complètes, pâtes, pain, riz, graines, noix, certains fruits et légumes comme le potiron.

Acide : eau + terre correspond principalement au dosha de PITTA. L’’acide a une énergie réchauffante. La consommation de nourriture acide accroit l’appétit, la sécrétion de salive et de sucs gastriques. Elle favorise la vivacité d’esprit ainsi que la clarté des pensées et des émotions. Toutefois, un excès peut irriter le système digestif, favoriser les courbatures et les crampes, provoquer des inflammations et des maladies du sang ou encore réduire la fertilité.

EX : Produits laitiers, fruits acides (agrumes, baies, prune, fruits de la passion), certains légumes (tomates, épinards, blettes, rhubarbe, cornichons, alcool (vins, bières…) etc.…

Salé : Terre + Feu correspond principalement au dosha de KAPHA, son énergie est réchauffante. Il apporte la fermeté et la structure en favorisant la stabilité. Le sel est un exhausteur de goût. Un excès peut emprisonner le sang et provoquer des maladies cutanées. Le sel raffiné (blanc), dépourvu de minéraux naturels favorisent la rétention des fluides dans le corps et tonifie les glandes surrénales, la thyroïde, les reins et la prostate.

EX : sel d’Himalaya, sel gemme, sel de Guérande…

Piquant : feu+air correspond principalement au dosha VATA, son énergie est réchauffante. Il favorise la digestion et permet de bruler les toxines. La nourriture piquante a de grandes vertus thérapeutiques. Elle améliore la respiration et la concentration et  stimule l’activité cérébrale. Une alimentation trop piquante peut être la cause d’insomnie, d’instabilité émotionnelle, d’instabilité et  favoriser les inflammations.

EX : épices, oignons, chou de Bruxelles, gingembre, moutarde

Amer : air + éther correspond principalement au dosha VATA, son énergie est rafraîchissante. C’est un goût asséchant qui provoque un effet vivifiant purifiant. Il a un impact très favorable sur les personnes souffrant d’un excès de Kapha. La nourriture amer  accélère le rythme métabolique,  favorise la digestion et purifie l’esprit. Un excès peut influencer les émotions en accentuant le sentiment de tristesse.

Ex : légumes à feuilles vertes, thé etc.…

Astringent : air+terre correspond principalement au dosha VATA, son énergie est rafraichissante. Ce goût à la particularité d’être asséchant et contractant. C’est pourquoi comme l’amer il a un impact très favorable sur les personnes souffrant d’un excès de Kapha. Il exerce également un effet dépuratif et fortifiant sur l’esprit en permettant de rassembler ses pensées et de se recentrer. Les fruits astringents sont souvent utiliser pour nettoyer les fluides et permettent ainsi de lutter contre la chute des cheveux et régénérer  la peau et les tissus nerveux.

EX : concombre, aubergine, laitue, champignons, fruits (pommes, baies, raisins, poires)…

Si vous êtes en bonne santé, l’ayurvéda recommande d’intégrer les 6 goûts dans votre assiette. Il permet de rentrer en contact avec les 5 éléments présents dans les organes de notre corps comme dans toute la nature. Le but de la médecine ayurvédique est de rétablir un équilibre doshique qui a pu être perturbé par de nombreuses causes, notamment des charges émotionnelles et des erreurs dans la façon de s’alimenter. Il faut s’alimenter en fonction de son équilibre doshique de naissance (celui qui prédomine dans sa constitution) et celui qui est susceptible d’augmenter au cours de notre vie en veillant à ne pas tomber dans l’excès. Les goûts assurent une bonne digestion, une absorption optimale, ainsi que la satisfaction de nos papilles.

  • Le troisième équilibre concerne les 3 gunas (sattva, raja et tama) [voir article sur les gunas]

Certains aliments comme les fruits biologiques correctement mûris, les graines germées ou les jeunes pousses, sont des aliments sattviques et nous apporte la lumière quand on les consomme. D’autres aliments nous donnent plutôt de l’énergie, comme les céréales et les légumes ce sont les aliments rajasiques. Il existe enfin des aliments comme les plats cuisinés qui sont souvent trop gras, avec des sauces trop lourdes à digérer. Ce type d’aliments est plutôt du genre tamasique et il est préférable d’en limiter la consommation et de les éviter au maximum.

La théorie de l’ayurvéda nous parle des dhatus, les tissus conjonctifs du corps physiques, dont le premier est rasa le jus nourricier. Ce rasa doit être de la plus haute qualité possible du point de vue de sattva, rajas et tama, des 6 goûts et de la qualité des couleurs.

Les épices

Notre alimentation doit ingérer les 6 goûts. Pour y recourir plus facilement, les épices et les herbes aromatiques peuvent être un bon moyen pour les rassembler .

Les vertus thérapeutiques  des épices sont nécessaires  pour stimuler la digestion avant pendant et après le repas. Consommées en quantité infime, les épices renforcent le système immunitaire et augmentent le métabolisme. Elles peuvent être utilisées en tant que véritable remède lorsqu’elles sont prises en plus grande quantité. Dans la médecine ayurvédique, les épices sont généralement introduites au début de la cuisson et  les herbes fraîches sont ajoutées à la fin juste avant de servir. Les épices possèdent des propriétés particulières qui influent sur les Doshas.

Une alimentation déséquilibrée provoquera une altération d’agni  (le feu gastrique) et donc une mauvaise digestion de la nourriture, avec une formation de toxines (Ama).

Le cumul d’Ama provoquera la maladie, l’alimentation doit à long terme être en accord avec la constitution individuelle (Prakriti) donc avec son dosha dominant.

-Pour Vata : alimentation douce, acide, salée lui sera bénéfique. Les épices à privilégier sont l’aloès, la coriandre, la cannelle, la cardamone, le fenouil, la grenade et le réglisse. Les herbes à privilégier sont des herbes carminatives (oignons par exemple)

-Pour Pitta : une nourriture douce, astringente mais surtout amère lui sera bénéfique . Les épices à privilégier seront les mêmes que pour Vata. Les plantes à privilégier sont des plantes toniques, amères, purgatives et diurétiques.

-Pour Kapha : une nourriture aigre, astringente avec un gout piquant lui est adaptée. Les épices à privilégier sont le gingembre, la cannelle, le clou de girofle, le poivre noir, les graines de moutarde, le cumin, la cardamone et la sauge. Les plantes intéressantes pour Kapha sont des plantes diurétiques (thé vert, pissenlit, cassis).

L’ayurvéda nous parle de 13 feux, dont agni, le feu digestif est le plus important. Celui qui doit être allumé pour qu’il y ait une véritable faim au moment de manger.

Le feu digestif  est fondamental pour maintenir notre équilibre. Lorsque agni (feu digestif) est fort, il n’est en mesure de conserver que les éléments nutritifs pour éliminer le reste en tant que déchets.

Il  est important également de rappeler que agni est nécessaire pour digérer les émotions et les différentes sensations que nous percevons à travers notre corps. Cela justifie que l’intestin est belle et bien notre deuxième cerveau.

Si part ailleurs nos doshas sont équilibrés nous nous sentons plein d’énergie, satisfait, et parfaitement disponible à entreprendre nos activités quotidiennes. Si notre agni est faible nous ne sommes pas en mesure de traiter tout ce qui nous nourrit. Ceci conduit à une accumulation de toxines, que l’ayurvéda nomme « AMA ».

Ces AMAS peuvent entraver le bon fonctionnement de notre organisme sur le plan physique et psychologique. Enfin les Amas peuvent conduire à un déséquilibre des doshas menant à la maladie (un vrai cercle vicieux).

Quelques conseils pour un feu digestif sain et fort :

Éviter les boissons froides, boire des tisanes chaudes.

Absorber des petites quantités d’eau pendant les repas.

Utiliser des épices et herbes aromatiques dans votre cuisine.

Privilégier les aliments cuits

Prendre le plus gros repas de la journée au déjeuner car le corps fonctionne en synchronisation avec le rythme naturel. Agni est à son apogée quand le soleil l’est lui aussi

Prendre des repas légers le soir et se coucher 2 à 3 heures avant le coucher

Manger consciemment sans téléphone, télévision ou autres objets pouvant dissiper.

Faire une activité physique (marche, natation, yoga..), méditer.

En cuisinant selon les principes de la philosophie ayurvédique et en incorporant  les saveurs à chaque plat et en ajoutant des épices vous créez l’équilibre parfait, votre équilibre personnel.

Sources principales d’information pour la constitution de mon article : ayurvédique garden de Raphael Titina et le grand livre de l’ayurvéda de Kiran Vyas.

Ayurvéda: science de la vitalité

Je ne suis pas experte en la matière, mais j’aimerais vous faire découvrir l’ayurvéda. L’ayurvéda m’inspire, et je suis fascinée par cette science. Ça me persuade de l’importance d’un mode de vie plus sain. Ce système de guérison oblige la personne à être acteur de sa santé, en remettant tout en cause afin de retrouver un bon équilibre. C’est également une manière de vivre et d’être. En effet 30% de l’ayurvéda concerne la médecine et les 70% restant concernent la manière d’être et de vivre. C’est une connaissance qu’on peut approcher selon plusieurs points de vue (croyance, art de vivre, ou ensemble de techniques thérapeutiques). Bien sûr l’allopathie (mode habituel de traitement médical qui combat la maladie en utilisant des médicaments) reste parfois incontournable mais on peut imaginer que si on s’inspirait de l’ayurvéda en prévention des maladies, on pourrait réduire la prise de médicaments puisque tout ce ferrait en amont. L’ayurvéda est  plus orienté pour  la prévention des maladies et c’est tout l’intérêt!

Qu’est ce que l’ayurvéda ?

L’ayurvéda (du sanskrit âyus signifiant vie et Veda signifiant connaissance) c’est une science de la vie destinée à veiller sur la santé des êtres vivants. C’est le plus ancien système thérapeutique au monde.  Ses racines plongent dans l’ère védique, codifiée  de 5000 ans en arrière. Elle a été transmise de génération en génération par les Védas.C’est un ensemble de textes sacrés, de connaissance traditionnelle indienne.

Les Védas sont considérés comme étant d’origine divine, ils sont le fruit d’une révélation (shruti) acquise par les rishis au cours de méditations profondes.

Ce système de guérison vise à rétablir les équilibres naturels de l’organisme humain, grâce à l’action curative de plantes et de minéraux provenant des montagnes de l’Himalaya. L’Ayurveda cherche à procurer la conservation du  bien être physique tout au long de notre vie.

C’est un des systèmes curatifs parmi les plus compréhensifs, qui traite le corps, le mental et l’esprit. Il est lié à une profonde vision ‘yogique’ de la vie et de la conscience. L’Ayurveda est l’aspect de la science védique comme le yoga est son aspect psychologique.

Il est  aussi holistique, puisqu’il prend soin du corps et de l’esprit religieux (dans le sens étymologique du terme : relier le ciel et la terre) et trouve sa source dans le grand courant de la spiritualité védique.

L’Ayurveda est de plus en plus populaire dans le monde occidental, elle mérite largement à être diffusée. Elle est enseignée comme pratique médicale partout en Inde, dans de nombreux collèges et hôpitaux ayurvédiques.  Cette médecine est reconnue par l’organisation mondiale de la santé comme système de soins à part entière.

La médecine ayurvédique est aussi un système de diagnostic et de thérapie naturelle individualisés. Pour rester en bonne santé, l’ayurvéda nous parle de 3 vecteurs de santé :

  • AHARA, ou la diététique
  • VIHARA, ou la manière dont on vit la vie
  • MANOVYAPARA, ou notre état mental

La clef de voûte de la médecine ayurvédique est la constitution individuelle appelée Prakriti. Une fois le Prakriti identifiée, on peut établir des profils personnels, qui définissent les prédispositions individuelles à être malades.

La médecine ayurvédique se fonde sur la conception des trois humeurs ou doshas : vata, pitta et kapha qui dépendent eux-mêmes des cinq éléments que sont la terre, l’eau, le feu, l’air et l’éther.

-Le type VATA (air+éther) : Les caractéristiques primaires sont l’interchangeabilité, l’imprévisibilité, la variation dans la forme, dans le caractère et l’action. Le Vata tend à être élancé avec des proéminences au niveau des articulations et des veines. Sa peau est sèche et froide. Il est caractériel, enthousiaste, imaginatif et impulsif. Il a beaucoup d’idée mais ne va jamais jusqu’au bout.  Le vata mange et dort d’une façon très bohémienne. Il est disposé à l’inquiétude, l’insomnie, aux dérangements prémenstruels et à la constipation. Son énergie est en dents de scie, ce qui rend son existence capricieuse.

-Le type PITTA (feu+eau) : Le pitta est relativement prévisible, de taille moyenne, fort et résistant, bien proportionné avec un teint rubicond. Le pitta possède une intelligence rapide, aiguë, articulée et peut être très critique ou passionnelle, avec de brefs et explosifs déclenchements de colère. Le pitta mange et dort régulièrement, il aime le soleil mais souffre de la chaleur et de dérangement au niveau gastro-duodénal.

-Le type Kapha (eau+terre) : Le kapha a une attitude cool. Il est solide, lourd, fort, avec une digestion lente, les cheveux assez gras, la peau froide et pâle. Il digère, mange et agit lentement. Il dort beaucoup et profondément. Il tend à être obstiné et il est sujet à des niveaux élevés de cholestérol, à l’obésité et aux allergies.

Pour l’Ayurveda, de nombreux individus peuvent relever de un ou deux Doshas et il est rare de n’en trouver qu’un seul surtout chez les occidentaux. Quand ces doshas sont en équilibre, il en résulte une santé rayonnante et un niveau élevé d’énergie mais lorsque ce délicat équilibre est dérangé, le corps devient vulnérable aux agents extérieurs perturbateurs, que ce soit un virus ou une bactérie, une surcharge de travail  ou une alimentation déséquilibrée.

Pour un docteur ayurvédique, ce désordre dans les doshas est le premier signe que l’esprit, la pensée et le corps ne sont pas en parfaite coordination.

L’Ayurveda tient aussi compte, dans ses suggestions thérapeutiques et diététiques, du rythme des saisons (desh et kala) et de leurs particularités, du rythme interne de notre corps ainsi que du temps, de l’époque et du lieu.

Le diagnostic ayurvédique utilise le poignet, la langue, les yeux et les ongles. Le poignet peut relever des 3 types de doshas, avec 6 différentes pulsations (3 profondes et 3 superficielles). A travers l’observation de la langue et en notant les différentes colorations de celle-ci, le médecin se fait une idée de l’état fonctionnel des organes intérieurs. Il observe également la couleur de l’urine du matin pour établir un diagnostic du déséquilibre des doshas.

Après le diagnostic vient le SHODAN qui se définit comme le nettoyage et la désintoxication. Le nettoyage a pour but d’expulser les toxines présentes dans l’estomac, le nez et l’intestin.

Le médecin  considère les AMAS comme la cause des maux : elles sont le résultat d’une nourriture indigeste non assimilée qui fermente dans le système digestif.

Pendant la préparation pour le nettoyage, le médecin conseille un massage avec des huiles à bases d’herbes qui peuvent être facilement absorbées par la peau. Après le shodan vient le SHAMAN, utilisé pour équilibrer et réconcilier les doshas du corps.

Le shaman met surtout l’accent sur la dimension spirituelle de la guérison (jeûne, chant, yoga, exercice de respiration, méditation, exercice physique et bain de soleil). Ces techniques sont utiles pour les gens qui ont des troubles du système immunitaire. Pour ceux qui sont malades au niveau émotionnel. Le médecin ayurvédique privilégie la prévention plutôt que la guérison. Le régime diététique et l’hygiène de vie jouent un rôle prépondérant dans l’Ayurveda dont le but principal concerne surtout la stabilisation du métabolisme.

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